Passé le cap du Nouvel An, c'est l'heure de faire le point sur les intérêts 2021 de vos placements bancaires. Mais comment les comparer en sachant que certains gains sont soumis aux prélèvements sociaux, voire à l'impôt sur le revenu ? Tour d'horizon avec prise en compte de la fiscalité, et premières esquisses pour 2022.

Livret A et LDDS : 1% net d'impôt

Intérêts 2021. L'argent conservé pendant un an sur votre Livret A vous a rapporté 0,5% sur l'année 2021. Pour 10 000 euros détenus en continu pendant 12 mois, vous avez perçu 50 euros. Pour l'anecdote, les 56 millions de détenteurs de Livrets A en France ont perçu près de 30 euros d'intérêts 2021 en moyenne. Le taux est identique sur un Livret de développement durable et solidaire (LDDS).

Fiscalité. Les intérêts perçus sur ces livrets d'épargne réglementée sont entièrement défiscalisés : vous ne payez ni impôt sur le revenu, ni cotisations sociales.

Evolution 2022. La nouvelle formule de calcul s'applique au 1er février 2022, ce qui entraîne la première hausse de taux depuis plus de 10 ans ! Face au retour franc de l'inflation et suite à un « coup de pouce » du gouvernement, les rendements (nets d'impôt) du Livret A et du LDDS remontent à 1% au 1er février. Pour reprendre le même exemple que ci-dessus, pour 10 000 euros sur un Livret A, en 2022, vous toucherez 95,84 euros (et non 100 euros car le mois de janvier reste rémunéré à 0,50%).

Fin de mois difficile : faut-il piocher dans votre Livret A ou payer votre découvert ?

Livret d'épargne populaire : 2,2% net d'impôt

Intérêts 2021. Le plus facile des calculs de gains annuels : en 2021, l'argent placé sur un Livret d'épargne populaire a généré très exactement 1%. Autrement dit 50 euros si vous avez conservé 5 000 euros pendant l'ensemble de l'année 2021 sur votre LEP, lequel est réservé pour simplifier aux ménages peu ou pas imposés, et plafonné à 7 700 euros.

Fiscalité. Les intérêts perçus sur le LEP sont totalement défiscalisés.

Evolution 2022. Le taux du LEP a longtemps été indexé sur celui du Livret A, avec une bonification de 0,5 point. Mais la nouvelle formule prévoit que son taux soit au moins égal à la hausse des prix... Comme elle a atteint 2,2% lors du dernier semestre de 2021, le LEP redécolle à plus de 2% ! Ainsi, avec 11 mois rémunérés à 2,2% en 2022, un LEP doté de 5 000 euros vous rapportera 105 euros d'intérêts annuels dans un an. Plus du double qu'en 2021.

LEP à 2,2% : avez-vous droit à ce super livret sans le savoir ?

Livret jeune : mieux que le Livret A, net d'impôt

Intérêts 2021. La rémunération du livret jeune est fixée librement par chaque banque, mais le taux doit nécessairement être égal ou supérieur à celui du Livret A. Ainsi la rémunération du livret jeune va actuellement de 0,50% à 2%. Dans les grands réseaux bancaires, ce placement est le plus souvent rémunéré entre 1% et 1,50% : mieux que le Livret A et même le LEP, en 2021, mais ce livret est limité à 1 600 euros et réservé aux 12-25 ans.

Fiscalité. Comme le LEP ou le Livret A, la rémunération est nette d'impôt.

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Evolution 2022. A suivre... Le taux du Livret A remontant à 1%, la rémunération de certains livrets jeunes va mécaniquement remonter puisqu'ils doivent a minima rapporter autant qu'un Livret A. Les banques annonceront très probablement des rémunérations mises à jour d'ici la fin janvier.

Livret A, LDDS, LEP, Livret jeune... Les taux officiels au 1er février 2022

Livret bancaire : 0,09% avant la « flat tax »

Intérêts 2021. Le taux des livrets bancaires « classiques », non réglementés, est fixé librement par chaque établissement. La rémunération moyenne des livrets bancaires a atteint un plancher historique cet automne, à 0,09% selon la Banque de France. Seules les offres promo à la souscription peuvent permettre d'espérer un taux supérieur ou une prime de bienvenue.

Fiscalité. Les intérêts annuels des livrets classiques sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), ou « flat tax » : 17,2% de cotisations sociales et 12,8% d'impôt sur le revenu, soit 30% au total. Les ménages non imposables peuvent éviter l'impôt sur le revenu, mais restent soumis aux cotisations sociales. Schématiquement, un livret rémunéré à 0,09% brut ne vous rapporte donc que 0,063% net d'impôt, après flat tax. Ou 0,07% pour un taux brut de 0,10%.

Evolution 2022. Malgré le rebond du Livret A, le contexte de taux très bas ne permet pas encore d'envisager de franche remontée à court terme. Si ces rendements restent stables, en plaçant 10 000 euros sur un livret affichant un taux brut de 0,10%, vous ne toucherez que 7 euros d'intérêts annuels, après impôts, en 2022. A ce rythme, il vous faudrait plus de 1 000 années pour doubler votre épargne sur un livret affichant un taux aussi bas.

PEL, assurance vie, livrets : combien d'années faut-il pour doubler mon épargne sans risque ?

PEL : au moins 1% avant impôt

Intérêts 2021. L'avantage du Plan épargne logement, pour l'épargnant, est de profiter d'un taux contractuel : le taux fixé à l'ouverture est celui qui s'applique jusqu'à la clôture du plan ! Or certains vieux PEL sont rémunérés à 2,5% voire à plus de 3% bruts, et tous les plans ouverts avant mars 2011 ne prévoient pas de durée limitée de détention ! Les plans plus récents prévoient eux une durée maximale de 15 ans. Et l'ouverture d'un PEL ne permet désormais plus que de bénéficier d'un taux de 1%.

Fiscalité. Tout PEL ouvert depuis 2018 est imposé dès sa première année de détention. Comme les livrets bancaires, les intérêts de 1% sont donc soumis à la flat tax (30%), ce qui correspond à un rendement de 0,7% net d'impôt (1).

Evolution 2022. A ce jour, aucune évolution n'est attendue. Donc, si vous n'avez ouvert votre PEL que récemment, pour 10 000 euros, vous toucherez qu'environ 70 euros d'intérêts annuels « nets d'impôts » en 2022. Moins bien que le Livret A. Un placement de moins en moins intéressant... sauf si vous détenez un « vieux » contrat.

PEL : pourquoi la banque veut-elle la peau de mon « vieux » plan épargne logement ?

Quid du Compte épargne logement (CEL) ? Indexé sur le taux du Livret A, sa rémunération remonte à 0,75% (contre 0,25% aujourd'hui) mais les intérêts sont soumis à la flat tax, ce qui donne 0,53% environ « net ».

Assurance vie, fonds en euros : environ 1% avant impôt

Intérêts 2021. La rémunération du support sans risque de l'assurance vie, le fonds en euros, ne cesse de s'éroder : 1,83% en moyenne en 2017 comme en 2018 puis 1,46% en 2019 et 1,28% en 2020 selon le gendarme du secteur, l'ACPR. La rémunération de l'année 2021 sera encore moins attrayante ! Dans une conjoncture très défavorable, ces fonds à capital garanti sont attendus autour 1% ou 1,1% en moyenne, pour reprendre la prévision du cabinet Facts & Figures, référence du secteur.

Quelques assureurs ont déjà dévoilé leurs rendements, et certains ont réservé une bonne surprise à leurs assurés. Les taux connus pour 2021 vont de 0,75% à plus de 2%. Pour l'heure, un seul fonds en euros « classique » dépasse les 2%... mais attention, il faut payer des frais sur versement.

Assurance vie : tous les taux 2021, du meilleur au pire

Fiscalité. Exprimé en « net de frais de gestion », le rendement d'un fonds euros n'est pas net d'impôt ! Sur tous les contrats récents, les intérêts annuels sont immédiatement amputés des cotisations sociales (17,20%). Un rendement annoncé à 1% pour 2020 vous rapporte donc un peu moins de 0,83%. Par ailleurs, selon le montant et la date de vos retraits, vos gains peuvent être partiellement soumis à l'impôt sur le revenu.

Evolution 2022. Aucun rebond n'est attendu à court terme. Mais les assureurs annoncent les uns après les autres de nouvelles formes de fonds en euros, afin de tenter d'amorcer un rebond.

Assurance vie : ces nouveaux fonds euros qui changent la donne

Assurance vie, unités de compte : le yo-yo des marchés

Gains 2021. Impossible, à ce jour, de livrer une estimation de performance 2021 pour les unités de compte (UC) de l'assurance vie. Mais la moyenne de l'ensemble des supports en UC, sans garantie en capital, sera forcément excellente. Car la Bourse de Paris a clos l'année 2021 à +28,85%. Or l'année 2020 avait été mitigée pour les UC avec une performance moyenne de +1,1% selon France Assureurs. Le cycle actuel est clairement sur courant alternatif : -8,1% en 2018 sur les UC selon France Assureurs, puis +13,9% en 2019, +1,1% en 2020 et donc probablement un très net rebond en 2021.

Les supports en UC ne sont toutefois pas nécessairement liés aux indices boursiers : les fonds immobiliers, par exemple, sont moins dépendants des marchés financiers.

Les premiers résultats des gestions pilotées sont évidemment très positifs sur l'année 2021 (+22,7% par exemple sur le profil le plus agressif de Yomoni). Pour rappel, à la différence du fonds en euros, il n'existe pas « d'effet cliquet » pour les UC. Les gains d'une année peuvent être perdus l'année suivante, même si les supports en UC sont potentiellement plus rémunérateurs sur la durée.

Fiscalité. Les plus-values réalisées grâce aux UC sont constatées au moment du retrait, partiel ou total, sur votre assurance vie. Elles sont alors soumises aux cotisations sociales (17,20%) et éventuellement à l'impôt sur le revenu, au niveau du prélèvement forfaitaire unique.

Evolution 2022. En fonction de l'évolution des marchés financiers (voir la bourse ci-dessous) pour la plupart des UC. Quant aux supports spécifiques tels que les fonds immobiliers, les performances des SCPI sont annoncées par les courtiers et gestionnaires à plus de 4% en moyenne pour 2021 et l'érosion de rendement devrait rester modéré en 2022.

Epargne salariale : à analyser sur 5 ans

Gains 2021. Les fonds référencés sur les plans d'épargne salariale (PEE, Perco ou désormais PER entreprise), les FCPE, varient comme les UC de l'assurance vie au gré des soubresauts des marchés. Les performances moyennes de l'année 2021 ne sont pas encore connues... Quelques indices tout de même : les fonds « monétaires » sont durablement perdants (à zéro ou en dessous), les fonds obligataires toujours proches de zéro, mais les fonds « diversifiés » ou « actions » ont clairement rebondi en 2021. A titre indicatif, étant donné l'extrême diversité des fonds, la Banque de France estime à 8,6% la performance annuelle des « fonds d'épargne salariale » à la fin novembre 2021, à comparer avec une perte de 3% en 2020. Pour connaître les performances de votre PEE, il faut consulter votre relevé annuel.

EXCLUSIF. Votre plan d'épargne salariale vous a-t-il fait perdre de l'argent en 5 ans ?

Fiscalité. Dans le cas d'un PEE, le plus courant des plans d'épargne salariale, vous êtes exonéré d'impôt sur le revenu sur les gains lors du déblocage du plan. Mais vous payez tout de même les cotisations sociales (17,2%).

Evolution 2022. En fonction des marchés financiers. A noter, pour un PEE et encore plus pour un PER, une performance annuelle n'offre qu'une vision limitée : mieux vaut comparer les rendements sur 5 ou 10 ans.

Epargne retraite et salariale : combien rapporte la gestion pilotée sur 5, 10 ou 15 ans ?

Plan d'épargne retraite : le pari du long terme

Gains 2021. Le Plan épargne retraite (PER) a officiellement été lancé en octobre 2019. Et de nombreux établissements n'ont commercialisé leur PER qu'au milieu de l'année 2020. Traditionnellement, les fonds en euros présents sur les produits « retraite » (Perp et Madelin) font jeu égal avec les fonds de l'assurance vie : les fonds en euros sont ainsi attendus à un peu plus de 1%.

Plan épargne retraite : le rendement de votre fonds euros fait-il partie du gratin ?

Fiscalité. Au moment de verser sur un PER, vous avez le choix : réduire ou non votre revenu imposable. Selon ce choix, votre épargne sera plus ou moins fiscalisée à la sortie : l'impôt portera sur les gains ou le capital + les gains. Sans oublier les cotisations sociales (17,2%), systématiques.

Evolution 2022. Attention à ne pas juger un PER uniquement au regard des performances 2021 de son fonds en euros. Pour un placement de long terme, il faut aussi guetter le niveau de frais, et les performances des gestion pilotée (ou « à horizon »).

Les subtilités du PER... pour éviter les mauvaises surprises

Bourse : flat tax... et marchés (très) alternatifs

Gains 2021. La définition même du yo-yo ! Ces dernières années, si l'on se concentre sur l'indice de référence en France, le CAC 40, la bourse est plus que jamais volatile : 2018 avait été clôturée en recul de -12%, sous les 4 700 points, puis l'indice parisien a bouclé 2019 sur une hausse globale de plus de 26%, proche des 6 000 points... l'année 2020 a commencé par un krach, le CAC 40 tombant brutalement sous les 3 800 points, avant limiter la casse avec une baisse modérée de « seulement » 7% en 2020. Puis l'année 2021 a elle été exceptionnelle (+28,85%).

Mais attention, les indices boursiers ne représentent qu'une photographie d'ensemble, et n'intègrent pas les dividendes : tout dépend des sociétés sur lesquelles vous avez investies. Pour prendre en compte le réinvestissement des dividendes, suivez l'indice CAC 40 GR, en hausse là aussi très favorable de plus de 28% en 2021.

Bourse : les tops et flops du CAC 40 en 2021

Fiscalité. Les plus-values réalisées sur un compte-titres sont soumises à la « flat tax » (30% au total), sauf option fiscale contraire. Si vous investissez en bourse via un Plan d'épargne en actions, vos gains sont soumis aux cotisations sociales (17,2%) mais pas à l'impôt sur le revenu à condition de conserver le plan 5 ans minimum. Pour les dividendes, vous pouvez bénéficier d'un abattement, mais uniquement si vous renoncez à la flat tax sur l'ensemble de vos placements.

Evolution 2022. Le variant Omicron n'a pas fait peur aux investisseurs. Mais face aux incertitudes sanitaires, le meilleur conseil reste, encore et toujours, de diversifier vos investissements.

Bourse : comment déjouer les pièges de l'année 2022

(1) Pour l'ensemble des placements soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), les ménages modestes peuvent réclamer une dispense d'acompte, à condition de la demander à temps, et peuvent opter pour l'option d'imposition au barème s'ils ne sont pas imposables.