Rémunération du Livret A, du LDDS et du LEP ou encore réduction FIP-FCPI à 25% prolongée… Zoom sur ce qui change, ou pas, pour votre épargne en 2021.

Le Livret A à 0,5%

En février 2020, la rémunération du Livret A est passée de 0,75% à 0,5%. Une baisse qui n’a pas empêché les Français de continuer à y placer massivement leurs économies. La collecte nette a atteint 27 milliards d’euros sur les 11 premiers mois de 2020, contre 14 milliards recensés durant la même période en 2019. Un succès inédit dans le contexte d'incertitudes économiques et sanitaires liées au Covid-19, contrastant notamment avec une forte décollecte sur les contrats d'assurance vie.

Comme tous les 6 mois, la Banque de France fera à la mi-janvier sa recommandation au ministre de l’Economie sur le taux à appliquer à compter du mois prochain. Et il n’y a aucun suspense : ce sera le statu quo. La réglementation, en effet, se réfère à l'historique sur 6 mois de l’inflation et d’un taux monétaire, l’Eonia. Or actuellement, les prix sont stables et la moyenne semestrielle de l’Eonia est presque de -0,5%. Résultat des courses : en théorie à compter du 1er février, la rémunération du Livret A devrait être négative. Bonne nouvelle cependant, la législation prévoyant un plancher à 0,5%, la formule aboutira donc nécessairement à conserver ce taux de 0,5% ! Dans ce contexte, la rémunération du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) restera aussi à 0,5%.

Du neuf pour le LEP

Comme le Livret A et le LDDS, la rémunération du LEP, 1% actuellement, ne bougera pas. En effet, son taux d'intérêt est égal à celui du Livret A, majorée d'un demi-point. 0,5% pour le Livret + 0,5% de bonus = 1% net d’impôt ! CQFD.

En revanche, bonne nouvelle, le Livret d'épargne populaire devrait être plus accessible cette année. Si 40% des Français sont éligibles à ce produit où il est possible de placer jusqu'à 7 700 euros, moins de 7 millions de LEP sont ouverts. En effet, les bénéficiaires doivent prouver leur niveau de revenus non seulement à l’ouverture du compte mais également chaque année durant sa détention. De leur côté, les banques sont contraintes de vérifier tous les ans l’éligibilité de leurs clients au regard de leurs revenus et de leurs situations familiales. Des freins qui expliquent que le nombre de LEP diminue chaque année.

Sauf que cet automne, une nouvelle disposition a été adoptée par les parlementaires. Elle va dispenser les détenteurs de LEP d’envoyer leurs justificatifs de ressources à leur banque en fin d’année. « Un circuit direct sera créé via une application informatique entre la Direction générale des finances publiques (DGFiP) et les banques. Celles-ci saisiront chaque année la DGFiP des noms de leurs clients détenteurs de LEP ou souhaitant en ouvrir un ; la DGFiP leur répondra en retour », expliquait le rapport de la commission spéciale de l’Assemblée chargée d’examiner le projet de loi ASAP qui a été voté par les députés et les sénateurs.

La réduction FIP-FCPI de 25% prolongée

Le fait d’investir dans les fonds « fiscaux » tels que les FIP et FCPI ou en direct dans une PME, par exemple via le crowdfunding, donne droit à une réduction d’impôt équivalente à 18% de l’investissement. Cette réduction dite « Madelin » ou « IR-PME » a été portée à 25% du 10 août au 31 décembre 2020. Bonne nouvelle, il sera possible d’en profiter encore tout au long de 2021. Un décret doit venir préciser la date de début et de fin de cette prolongation. A condition que cette mesure soit bien confirmée puisqu’elle nécessite une validation de la Commission européenne concernant l’éligibilité des sociétés concernées.

L'investissement défiscalisé en outre-mer étendu

Comme pour le FIP Corse, le FIP Outre-mer dispose d'un taux de réduction supérieur à 25%. Il est de 30%. En 2021, « le dispositif d'investissement défiscalisé dans les PME des départements et collectivités ultramarins n'est plus circonscrit aux quelques secteurs également éligibles à la défiscalisation Girardin industriel (biens d'équipement, location de véhicules, hôtellerie, BTP, agriculture…), comme c'est le cas depuis 2017, expliquent ce mardi Les Echos. Du négoce à la restauration, en passant par les services aux entreprises ou l'immobilier, une longue liste de domaines d'activité pourra bénéficier de l'argent frais des contribuables ».

Le dispositif Sofica jusqu’en 2023

Investir dans le cinéma pour réduire ses impôts : c’est la promesse des Sofica. La réduction d'impôt au titre des souscriptions au capital des sociétés de financement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (SOFICA) a été prorogée de 3 ans, soit jusqu’au 31 décembre 2023. Pour rappel, la réduction d’impôt va de 30 à 48% si la société consacre au moins 10% de ses investissements à la réalisation de séries ou à l'exportation des œuvres françaises à l'étranger. Un avantage significatif qui s’explique par les rendements très incertains, avec un fort risque de perte en capital. Mais les Sofica bénéficient d’un plafonnement au titre des niches fiscales plus généreux : 18 000 euros contre 10 000 euros en temps normal. Attention toutefois : un contribuable ne peut pas investir plus de 25% de son revenu net global dans ce dispositif. De plus, il faut garder les parts des Sofica concernées pendant 5 ans minimum.

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Les investissements forestiers encouragés

La loi de finances pour 2021 a allongé aussi la durée de vie de 2 ans, jusqu’à la fin 2022, de la réduction d'impôt et du crédit d’impôt au titre d'investissements ou de travaux forestiers.

Concrètement, la réduction d'impôt :

  • pour l’acquisition en nature de bois, forêts ou terrains à boiser est de 18% dans la limite de 5 700 euros de dépenses prises en compte par personne ;
  • pour l’acquisition ou la souscription en numéraire de parts de groupements forestiers ou sociétés d'épargne forestière (SEF) passe de 18 à 25% grâce à la bonification de l’IR-PME ;
  • pour la cotisations d'assurance atteint 76% dans la limite de 6 250 euros de dépenses prises en compte par personne.

En ce qui concerne le crédit d'impôt, il est de 18% pour un investissement à titre individuel et donc 25% pour les particuliers adhérents à une organisation de producteurs ou à un groupement forestier. La base de calcul est différente selon les cas de figure.

Le soutien à la presse renforcé

Le Parlement a augmenté les plafonds de la réduction d'impôt en cas de souscription au capital des sociétés de presse. Elle est de 30% pour un maximum de 10 000 euros pour une personne seule ou 20 000 pour un couple, contre respectivement 3 000 et 10 000 euros auparavant.