« En période de manque de confiance, le réflexe de précaution prévaut. » Voilà comment le CESE, « troisième assemblée de la République » ayant pour mission de conseiller le gouvernement, le Sénat et lAssemblée nationale, explique limportant taux dépargne des ménages français. Ce dernier s'élève à 15,4% des revenus en 2015 alors que la « faiblesse des rendements » pourrait pousser les Français à utiliser leur argent différemment.
Or le CESE souligne par ailleurs les besoins « considérables » dinvestissement à long terme de léconomie française, dans ce vaste diagnostic de létat de la France publié la semaine passée. Des besoins particulièrement importants pour les « infrastructures », « léducation et la santé, ou pour accélérer la transition énergétique ». Lex-Conseil économique et social appelle donc de ses vux un « meilleur fléchage » de « labondante épargne » des Français.
Favoriser linvestissement en actions
Pour guider les deniers des Français vers les secteurs en manque de financements, le CESE souhaite que la fiscalité de lépargne soit « revue » afin de « favoriser un allongement des durées de placement ». Le Conseil ne pointe aucun nom de produit mais son propos sous-entend que les économies des Français sont trop massivement investies sur lépargne réglementée ou lassurance-vie en euros. Le CESE conclut dailleurs sa préconisation en soulignant que « cette fiscalité devrait aussi mieux prendre en compte le risque attaché à la détention dactions dentreprises, mode de placement nécessaire au renforcement des fonds propres des entreprises et au maintien dun actionnariat national fort dans les grandes entreprises mondialisées françaises ».
En juin 2014, le rapport France 2025, de lorganisme France Stratégie lié au Premier ministre, avait lui-aussi appelé à une « réforme de la fiscalité de lépargne », tout comme le rapport parlementaire Berger-Lefebvre, un an plus tôt. Ce dernier avait été suivi de mesures concrètes comme la création de leuro-croissance et du PEA-PME.


















