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Le gouvernement Ayrault na cessé de le rappeler : le cadre fiscal général de son projet de loi de finances pour 2013 est lalignement de la fiscalité du patrimoine sur celle du travail, et donc la disparition du prélèvement forfaitaire libératoire (PFL), qui permet actuellement aux contribuables qui le souhaitent de payer leur impôt à la source, de manière forfaitaire, sans intégrer leurs intérêts, dividendes et autres plus-values à leurs revenus imposables.
Toutefois, le projet de budget dévoilé le 28 septembre dernier prévoit une exception : celle des contribuables déclarant moins de 2.000 euros annuels dintérêts, qui pourraient, sils en font la demande, continuer à profiter du PFL, au taux actuel de 24%.
« Presque le double du SMIC mensuel »
Ce seuil de 2.000 euros pourrait ne pas survivre aux débats parlementaires. Mercredi soir, la commission des finances de lAssemblée nationale a en effet adopté un amendement qui prévoit de le ramener à 1.000 euros.
Cest Christian Eckert en personne, rapporteur général PS du budget 2013, qui a déposé le texte. Le député de Meurthe-et-Moselle la justifié en arguant que le seuil de 2.000 euros retenu par le gouvernement « est ( ) élevé, presque le double du SMIC mensuel net ». « Si lon retient un taux dintérêt de 2,5%, ce seuil correspond à un capital de 80.000 euros », a expliqué le rapporteur au cours des débats de la commission. « Nous estimons pour notre part quun capital de 40.000 euros, hors épargne réglementée et dispositifs de type assurance-vie, est déjà confortable. »
Lopposition favorable à un seuil de 5.000 euros
Un autre amendement sur le sujet, présenté par le président de la commission des finances, lUMP Gilles Carrez, a quant à lui été rejeté. Il prévoyait, à linverse, le relèvement du seuil à 5.000 euros, afin « déviter à de nombreux ménages ( ) de passer dans la tranche dimposition à 30% », a expliqué le député du Val-de-Marne.
Autre sujet dinquiétude pour lopposition : le risque dun report massif de lépargne des Français vers les livrets réglementés - dont les plafonds ont été relevés le 1er octobre - avec des conséquences pour le financement de léconomie nationale. « ( ) Vous incitez les ménages dont le patrimoine est supérieur à 20.000 euros à aller vers lépargne réglementée, » sest ainsi inquiété le député de centre-droit Charles de Courson en commission. « ( ). Or, tous ceux qui ont travaillé sur la fiscalité du patrimoine en conviennent : notre système fiscal nencourage pas les placements à long-terme. »
Mise à jour (24 octobre 2012) - A l'occasion de la discussion en séance du projet de loi de finances pour 2013, le 18 octobre, Christian Eckert et Gilles Carrez ont retiré conjointement leurs amendements. Le texte voté en première lecture par l'Assemblée nationale en reste donc à un seuil de 2.000 euros.














