En cause, la « détérioration persistante des perspectives budgétaires » avec « une hausse de la dette publique, des déficits budgétaires toujours élevés et des progrès limités en matière de réformes structurelles », a justifié Scope Ratings dans son communiqué.
L'agence, qui pointe les « difficultés du gouvernement à respecter les objectifs de déficit qu'il s'était lui-même fixés », relève aussi « la forte hausse » du taux des emprunts français depuis janvier 2026, qui limiteront encore davantage sa « marge de manuvre » et nécessiteront encore plus d'efforts « pour stabiliser la dette publique ».
A cela s'ajoute un « contexte politique difficile », marqué par « une fragmentation et une polarisation accrues » depuis la « dissolution de l'Assemblée nationale en 2024 ». Cette « fragmentation politique », qui a « entravé les efforts d'assainissement budgétaire et compliqué la mise en uvre des réformes structurelles », devrait rester « élevée au-delà de l'élection présidentielle de 2027 », estime Scope.
Sa décision survient au lendemain de la présentation par le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, des grandes lignes du budget pour 2027.
Ce dernier prévoit un « effort » d'« environ 54 milliards d'euros » pour atteindre 5% de déficit, après 5,4% cette année, en mettant notamment retraités et fonctionnaires à contribution.
Le gouvernement visait auparavant 5% de déficit en 2026, mais avait prévenu il y a une semaine que cette cible ne serait finalement pas atteinte, en raison notamment des différents « chocs » subis par l'économie française (sécheresse, guerre au Moyen-Orient...).
En pleine incertitude budgétaire et politique avant l'élection présidentielle au printemps, la France a vu son taux d'emprunt à dix ans grimper à 4,50% mi-septembre, du jamais-vu depuis 2008.
Revenue au cur des débats, sa dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros au premier trimestre, à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), selon l'Insee.
Fin août, l'agence Fitch Ratings avait décidé de maintenir la note de la dette souveraine de la France à A+, niveau auquel elle l'avait abaissé en septembre 2025, avec une perspective toujours stable.
Pour faire passer le budget 2027, débattu à partir d'octobre, Sébastien Lecornu promet de ne pas recourir à l'article 49.3 ni aux ordonnances, à condition qu'il n'y ait pas « d'obstruction parlementaire ».

















