Depuis le 1er mars 2011, les Plans épargne logement (PEL) ont une durée de détention limitée à 15 ans. Après avoir bénéficié d'un placement sécurisé, dont le rendement s'élevait à 2,5% pendant quinze ans, les épargnants doivent aujourd'hui réfléchir à la manière de placer leur argent.

D'ici à 2030, 36% des PEL, représentant pas moins de 93 milliards d'euros d'encours, seront clôturés, « avec un pic en 2030 à 1,1 million de plans et 28 milliards d'euros d'encours », détaillait la Banque de France dans son dernier Observatoire de l'Épargne réglementée paru l'été dernier.

Ouvrir un autre PEL, placer sur une assurance vie ou un Plan épargne retraite (PER), ou encore miser sur le Plan épargne en actions (PEA)... Voici les options à envisager selon votre profil.

Jeune actif avec un projet immobilier (ou non)

Vous avez ouvert votre PEL il y a 15 ans et vous avez encore un projet immobilier mais n'avez pas profité des droits à prêt ? Il vous reste la possibilité d'ouvrir un nouveau PEL. Cependant, le PEL est désormais rémunéré à 2% brut. Ce rendement est soumis à la « flat tax » (prélèvement forfaitaire unique), qui reste à 30% pour le PEL malgré la hausse de la CSG. Soit un taux de 1,4% après prélèvements... moins élevé que celui du Livret A et que le taux moyen des fonds euros de l'assurance vie.

« Compte tenu des taux pratiqués aujourd'hui, le taux de prêt ou la rémunération fiscalisée, l'intérêt du PEL est assez faible », confie l'économiste Philippe Crevel.

Pour un projet d'achat immobilier ou de rénovation, il reste toutefois la possibilité d'ouvrir un Compte épargne logement (CEL). Après un délai de 18 mois, le CEL permet de bénéficier de droits à prêts. Mais plusieurs conditions doivent être remplies. Et surtout, le taux d'intérêt du CEL est faible : 1% brut, soit 0,69% net !

Sans projet immobilier ou tout simplement pour remplacer votre épargne jusqu'ici bloquée sur votre PEL, l'assurance vie paraît être un bon compromis. La rémunération moyenne des fonds euros, les supports garantis de l'assurance vie, a atteint 2,63% en 2025. Certains contrats ont largement dépassé le rendement moyen servi, comme Corum dont le taux a atteint 4,10%, Ampli Mutuelle (3,75%), la mutuelle Carac (3,55%) ou encore la France Mutualiste (3,50%).

Par ailleurs, si les performances passées ne préjugent pas des performances futures, de nombreux assureurs proposent toujours des taux bonifiés en 2026. C'est le cas notamment du contrat web de CNP Assurances, Lucya CNP offre un bonus de rendement allant jusqu'à 2,70% en 2026 et 2027. Ainsi, pour tout versement libre ou initial d'un montant minimum de 5 000 euros d'ici au 31 août, les épargnants investissant 40% en unités de compte (sans garantie en capital) pourront bénéficier d'un bonus de 2,20% sur la rémunération du fonds en euros. La bonification pourra atteindre 2,70% pour un investissement à 60% en UC, soit un rendement allant jusqu'à 5,05%.

Côté fiscalité, seuls les intérêts sont soumis à l'imposition pour un retrait avant le 8ème anniversaire du contrat. Après 8 ans, l'épargnant profite d'un abattement de 4 600 euros par an (9 200 euros pour un couple) sur les gains, avant d'être imposable. Les prélèvements sociaux sur les intérêts sont prélevés chaque année.

« Quelqu'un qui a laissé son argent 15 ans n'était pas forcément motivé par un achat immobilier. On peut supposer qu'il avait plutôt une vision d'épargne longue et relativement sûre : l'assurance vie ou le PER constituent les deux placements qui peuvent lui correspondre le plus, avec une proportion importante investie sur le fonds en euros. C'est le réceptacle assez logique », explique encore Philippe Crevel.

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Le PEA, une option à considérer

7,2 millions de PEA étaient ouverts à la fin 2024, selon la Banque de France. Pour une épargne à long terme, offrant des perspectives de rendement élevées, mais sans garantie en capital, le Plan épargne en actions peut s'avérer une bonne option, notamment pour une première exposition aux marchés. Par ailleurs, les fonds investis sur un PEA sont toujours disponibles. Attention toutefois, tout retrait effectué avant 5 ans entraîne, sauf exceptions, la clôture du PEA. Après 5 ans de détention, la fiscalité est plus avantageuse : les plus-values réalisées ne sont plus imposables et uniquement soumises aux prélèvements sociaux.

Retraité... ou presque

Pour préparer sa retraite, l'épargnant a aussi la possibilité de placer son argent sur un Plan épargne retraite (PER). L'avantage phare de ce placement reste la déductibilité des versements. Or, depuis le 1er janvier, les sommes versées après l'âge de 70 ans ne sont plus déductibles. Si l'épargnant a atteint l'âge de 70 ans ou si son taux marginal d'imposition est faible ou inexistant, le PER reste un placement moins adapté que l'assurance vie.

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Par ailleurs, l'assurance vie offre un avantage supplémentaire conséquent au décès de l'assuré. Pour les versements effectués avant l'âge de 70 ans, le ou les bénéficiaire(s) profitent d'une exonération fiscale jusqu'à 152 500 euros. Un taux forfaitaire de 20% est appliqué, toujours par bénéficiaire, entre 152 500 euros et 700 000 euros, puis le taux est porté à 31,25% au-delà.

Les livrets réglementés pour ceux qui ne veulent prendre aucun risque

Les livrets d'épargne réglementée, Livret A, LDDS ou encore LEP (si vous êtes éligible), peuvent être de bonnes options. Toutefois, si votre PEL est au plafond, soit 61 200 euros, il faudra nécessairement répartir cette somme entre plusieurs livrets : 22 950 euros sur le Livret A, 12 000 euros sur le LDDS et 10 000 euros sur le LEP pour les personnes éligibles. Pour rappel, les taux du Livret A et du LDDS s'élèvent actuellement à 1,50% et celui du LEP à 2,50%. Au 1er août, le taux des livrets réglementés sera révisé. Ainsi, le taux du Livret A (et du LDDS) pourrait passer de 1,50% net à 1,80% net. Celui du LEP, à 2,30%.

Ces trois placements sont eux défiscalisés et ne présentent aucun risque pour l'épargnant. Mais même en utilisant le plafond de versements de chaque livret, l'épargnant aura toujours plus de 16 000 euros à placer.

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Les livrets bancaires ou les comptes à terme pour une solution intermédiaire

Vous êtes entre deux projets et souhaitez quand même faire fructifier votre épargne ? Il reste la possibilité de se tourner vers les super livrets et les comptes à terme. Plusieurs livrets bancaires proposés par des banques en ligne, des établissements spécialisés ou encore des fintechs offrent des rémunérations d'au moins 5% sur quelques mois. Cashbee propose un taux boosté à 6% brut pendant 2 mois. Le Livret Meilleurtaux, le Super Livret Placement-direct et le Livret Durable Goodvest affichent, quant à eux, un taux de 5,50% pendant 2 mois. Et le Livret + de Fortuneo affiche, lui, un taux boosté de 5% mais sur 3 mois.

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Autre option sans risque : les comptes à terme (CAT). L'épargnant devra en revanche accepter d'immobiliser son argent pour une durée qui peut s'étendre de 3 mois à 5 ans. En contrepartie, la banque s'engage à verser des intérêts une fois la durée du placement écoulée. En principe, plus elle est élevée, plus la rémunération est attractive. Les comptes à terme Distingo et Raisin Younited offrent par exemple une rémunération de 3% sur 36 mois, tandis que, sur un an, le CAT bunq affiche un rendement de 2,11%.

« Le taux moyen de rémunération des livrets bancaires, hors taux boosté, est faible, autour de 0,8%. Les livrets bancaires et surtout les comptes à terme peuvent être adaptés si on est dans l'attente de replacer son argent ou si on hésite sur un projet immobilier par exemple », conclut Philippe Crevel.

Si vous ne clôturez pas vous-même votre PEL avant son échéance, il sera automatiquement transformé par votre banque en compte sur livret (CSL) : un livret d'épargne disponible, garanti, fiscalisé et sans plafond de versement.