Depuis le 1er janvier 2026, le Plan épargne retraite (PER) a connu plusieurs changements : hausse de la CSG à 10,6%, allongement de la période pour profiter de son plafond épargne retraite (cinq ans contre trois ans jusqu'ici) mais surtout la fin de la déductibilité des versements effectués après 70 ans.
En effet, depuis ce début d'année, les versements volontaires effectués après l'âge de 70 ans sur un PER ne permettent plus de bénéficier de l'avantage fiscal phare de ce produit. Concrètement, il est tout à fait possible de conserver son PER après 70 ans, mais les versements ne vous ouvriront plus droit à une déduction fiscale. Cette mesure s'applique aux PER individuels et collectifs.
Les primes versées après 70 ans seront alors soumises à la même fiscalité que celles qui font l'objet d'une option de non-déductibilité. Concrètement, en cas d'option pour le versement d'un capital à la retraite, seules les éventuelles plus-values réalisées seront taxées, en étant soumises au taux du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4%. La part correspondant aux versements est, elle, totalement exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Pour une sortie en rente, celle-ci bénéficie du régime fiscal de la rente viagère à titre onéreux (RVTO). Cela signifie que seule une partie de la rente, qui varie en fonction de l'âge du bénéficiaire lors de son départ en retraite, est soumise à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.
« Cette mesure va impacter une minorité d'épargnants. Plusieurs contrats avaient déjà soit une limite d'âge de souscription, soit une limite d'âge pour les versements. Par ailleurs, annuler la déductibilité des versements à compter de 70 ans s'avère être une méthode simple et efficace afin de limiter les optimisations fiscales, notamment pour ceux qui continuaient à verser dans la limite de 10% de leurs revenus alors qu'ils ne bénéficient plus de revenus d'activité, mais d'une pension de retraite », explique Gilles Belloir, directeur de Placement-direct.fr.
Pour les versements volontaires effectués avant cet âge fatidique, il n'y a cependant aucun changement. Ainsi, il est toujours possible de profiter de l'avantage phare du PER, la déductibilité des versements, et ainsi de réduire votre impôt sur le revenu.
Pour rappel, plus vous êtes imposé, c'est-à-dire plus votre taux marginal d'imposition (TMI) est élevé, plus le PER et sa déduction fiscale sur les versements sont intéressants. Prenons le cas d'un célibataire : avec 50 000 euros de revenus imposables, il fait partie de la tranche d'imposition à 30%. S'il verse 3 000 euros sur son PER d'ici la fin de l'année, il sera imposé seulement sur 47 000 euros de revenus et pourra économiser 900 euros d'impôts (30% de 3 000 euros).
Le plafond épargne retraite passe de trois à cinq ans
Chaque année, l'épargnant a la possibilité de déduire, de son impôt sur le revenu, jusqu'à 10% de ses revenus d'activité. Concrètement, au titre de l'année 2026, le plancher de déduction s'élève à 4 710 euros et le plafond de déduction à 37 680 euros.
Bonne nouvelle, il sera désormais possible de cumuler potentiellement cinq années de plafond de déduction de versements en épargne retraite, contre trois ans jusqu'ici. Un plafond bien plus élevé, donc, pour ceux qui n'ont jamais profité de la déduction du PER. Pour rappel, ce plafond de déduction est inscrit sur votre dernier avis d'imposition.
« Il est toujours plus intéressant de rester à TMI constante, quand on est à 30%, voire à 41% »
Pourtant, utiliser la totalité de son plafond ainsi que ceux des trois années, ou désormais des cinq années, précédentes, n'est pas toujours la meilleure solution, selon Gilles Belloir. En effet, « il est important de vérifier que, si l'épargnant est sur un taux marginal d'imposition à 30%, il n'est pas en train, avec un versement supplémentaire, de passer à une TMI à 11%. Dans ce cas précis, il aurait un bénéfice de 11% au moment du versement et pourrait potentiellement avoir des revenus fiscalisés à 30% à la sortie. Lorsqu'on verse sur un PER, il est toujours plus intéressant de rester à TMI constante, quand on est à 30%, voire à 41% ».
Prenons l'exemple d'une personne seule, Mme Durand, salariée, déclarant 45 000 euros de revenus annuels. Le salaire soumis au barème est donc de 40 500 euros (abattement de 10% pour les salariés). Elle ouvre son premier PER et son salaire est constant ces dernières années.
En ouvrant son PER en 2026, Mme Durand dispose d'une capacité à verser sur son PER 17 860 euros en déduction de son revenu imposable (4 710 euros en 2025 + 4 637 euros en 2024 + 4 399 euros en 2023 + 4 114 euros en 2022).
Mme Durand est soumise à une TMI de 30% (pour les revenus entre 20 580 euros et 84 577 euros). « Le versement optimal est celui qui n'empiète pas sur la tranche à 11%, soit 10 920 euros (40 500 euros - 29 580 euros) », explique Gilles Belloir. Mme Durand, afin d'optimiser son avantage fiscal, aura donc intérêt à verser (et déduire) 10 920 euros (sur les 17 680 euros disponibles) en 2026 et 6 940 euros en 2027, « auxquels on pourra ajouter le plafond de versement issus des revenus en 2026 quand il seront connus », précise encore le directeur de Placement-direct.fr.
Attention toutefois, les versements n'échappent pas éternellement à l'impôt sur le revenu. En effet, à la liquidation du PER, au moment de la retraite, un rattrapage s'effectue. L'épargnant reste normalement gagnant : comme les revenus baissent généralement à la retraite, sa tranche d'imposition est plus basse que durant sa vie active.

















