1 190 sites frauduleux recensés en 2025 proposant, pour l'essentiel des crédits et des livrets d'épargne. C'est le récent décompte publié par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).
Et comme le relate Le Parisien ce lundi, les arnaques aux faux placements financiers continuent de faire des ravages, y compris chez des épargnants avertis. À 58 ans, Adam (le prénom a été modifié) en a fait l'amère expérience. Victime de deux escroqueries distinctes, il a perdu près de 120 000 euros en moins d'un an, compromettant ses projets de retraite à l'étranger.
En janvier 2025 cet ancien cadre décide de faire fructifier une épargne constituée au fil des ans. Objectif : financer des voyages et l'achat d'une maison en Amérique latine. C'est dans ce contexte qu'il clique sur une publicité en ligne vantant des placements financiers à haut rendement. Le site, baptisé Traton Finn, lui paraît sérieux. Après avoir laissé ses coordonnées, il est rapidement contacté par un prétendu trader.
Attention aux offres trop alléchantes
Discours rassurant, références à une société « cotée à Londres », appels fréquents : tout concourt à instaurer la confiance. Adam investit d'abord de petites sommes, avant d'augmenter progressivement ses mises. Les gains affichés sur la plateforme semblent spectaculaires. En juin, un investissement de 15 000 euros, versé via un compte en cryptomonnaie, est censé rapporter plus de 50% en quelques jours, sur fond d'annonces autour du lancement d'un nouvel iPhone.
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Séduit par ces performances virtuelles, Adam poursuit. Son tableau de bord affiche bientôt près de 100 000 euros pour un peu moins de 60 000 euros investis. Jusqu'au moment où il refuse d'engager une somme bien plus importante sur de prétendues actions d'une grande entreprise technologique. La pression s'intensifie alors : reproches, appels insistants, interventions de faux dirigeants... Avant une demande suspecte : transmission de documents d'identité et des données de carte bancaire pour « rapatrier les fonds ». Trop tard : l'argent a disparu.
Pensant rebondir, Adam contacte ensuite ce qu'il croit être une banque privée reconnue. Là encore, il s'agit d'un site miroir, à l'adresse presque identique à celle de l'établissement réel. Même mécanique : faux conseillers, jargon technique, identité usurpée de véritables salariés, et investissements exigés via des comptes en cryptomonnaies. Au total, 60 000 euros supplémentaires sont versés, y compris en liquide, récupéré à domicile par une intermédiaire se présentant comme mandatée par la banque.
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La supercherie éclate à l'été 2025, lorsque le site devient inaccessible et que le véritable établissement contacté nie toute relation avec Adam. Depuis, il a engagé des démarches judiciaires pour tenter de limiter les pertes. Mais le choc est durable. « Aujourd'hui, le moindre virement me rend méfiant », confie-t-il, inquiet aussi pour les épargnants plus fragiles, susceptibles de perdre toutes leurs économies.























