Malgré un pouvoir d'achat toujours sous tension, certains Français continuent de renforcer leur épargne. Selon une récente analyse publiée par Green-Got, les ménages épargnent en moyenne 5 650 euros par an, soit environ 213 euros par mois. Un niveau élevé, qui s'inscrit dans un contexte paradoxal : l'inflation est repartie à la hausse en 2025, mais le réflexe de précaution l'emporte sur la consommation.

Sur le plan macroéconomique, cette prudence se traduit par un record. L'épargne financière des ménages français atteint désormais 6 477 milliards d'euros, un montant inédit, presque deux fois supérieur à celui de la dette publique. Plus qu'un signe d'aisance généralisée, ce chiffre reflète surtout un climat d'incertitude durable, qui pousse les ménages à constituer un matelas de sécurité.

Des écarts marqués entre métropoles et zones rurales

Derrière la moyenne nationale, les disparités territoriales sont frappantes. Les habitants des grandes métropoles épargnent en moyenne 7 173 euros, contre 4 155 euros dans les zones rurales, soit un écart de plus de 70%. La différence est tout aussi nette sur l'épargne mensuelle : 267 euros en milieu urbain, contre 151 euros à la campagne.

Certaines régions concentrent une large part des montants mis de côté. L'Île-de-France se distingue avec près de 7 500 euros d'épargne moyenne et un volume cumulé de 1 950 millions d'euros. L'Auvergne–Rhône-Alpes et la région PACA figurent également parmi les territoires les plus épargnants. À l'inverse, des régions à dominante rurale, comme le Centre-Val de Loire ou la Bourgogne–Franche-Comté, restent nettement sous la moyenne nationale.

L'automatisation, facteur clé de l'épargne

Au-delà des niveaux de revenus, les comportements financiers expliquent en grande partie ces écarts. L'étude met en avant le rôle déterminant de l'automatisation des versements. Dans les métropoles, plus de 81% de l'épargne est automatisée, contre un peu plus de 51% en milieu rural. Or, plus l'épargne est automatisée, plus elle est régulière et élevée, tout en étant moins sensible aux aléas saisonniers.

Cette discipline financière semble désormais bien installée chez une large partie des ménages : près de deux tiers des épargnants mettent de l'argent de côté de manière régulière, et plus des trois quarts ont recours à des mécanismes automatiques. Une tendance de fond, qui confirme que l'épargne reste, en 2026, un pilier central de la stratégie financière des Français, même si tous ne sont pas logés à la même enseigne face à l'inflation.