Le Livret A a connu au mois d'avril un niveau record de collecte de près de 5,5 milliards d'euros, selon des chiffres publiés mercredi par la Caisse des dépôts, ce phénomène reflétant la chute de la consommation provoquée par les mesures de confinement.

En avril, la collecte nette sur le Livret, placement très populaire en France, a atteint 5,47 milliards d'euros contre 2,71 milliards en mars. Un an plus tôt, elle s'élevait à un peu moins de deux milliards. La collecte sur le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), qui contribue au financement de l'économie sociale et solidaire, a également atteint un niveau mensuel historique à 1,93 milliard d'euros. Au total, la collecte nette sur le Livret A et le LDDS réunis, placements tous les deux défiscalisés, s'est élevée à 7,39 milliards d'euros en avril.

Collecte Livret A (en milliards d'euros)

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Source des données : communiqués mensuels de la Caisse des Dépôts sur les flux et les encours du Livret A et du LDD.

La 3e collecte « la plus élevée de l’histoire du Livret A »

C'est « un niveau jamais atteint depuis la précédente crise (...) trois fois plus qu'au mois d'avril 2019 », a affirmé mercredi matin Éric Lombard, directeur général de la Caisse des dépôts, lors d'une audition devant des commissions sénatoriales.

« Le Livret A n’a pas battu son record de collecte qui date du mois de janvier 2013 avec 8,21 milliards d’euros », précise toutefois l'économiste Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne, « quand le gouvernement avait décidé de relever en deux fois le plafond du Livret A qui est passé de 15 300 à 22 950 euros. La collecte du mois d’avril 2020 est néanmoins la 3e la plus élevée de l’histoire du Livret A et elle aurait été certainement bien plus importante si les Français avaient pu accéder à leurs guichets de Caisses d’épargne ou bancaires. »

Les Français épargnent 40% de leurs revenus

« Les Francais ont épargné parce qu'ils ne pouvaient pas dépenser et cette absence de dépenses naturellement pèse sur l'économie », a estimé Eric Lombard. « Aujourd'hui, nous estimons l'épargne des Français à 40% de leurs revenus », a-t-il poursuivi, ajoutant « que le plus tôt elle ressortira[it] (...) pour financer la consommation et l'investissement, le mieux ce sera[it] ».

En France, les mesures sanitaires mises en place pour lutter contre le Covid-19 ont entraîné la fermeture pendant plusieurs semaines des commerces non-essentiels. De nombreux secteurs en grande difficulté espèrent un rebond de la consommation. « Mais dans l'intervalle, cette épargne ne dort pas, elle est pleinement utilisée pour le soutien de notre économie : l'activité de financement du logement social se poursuit, l'activité de financement des collectivités locales a augmenté de façon importante et, de plus en plus, nous allons l'utiliser », a détaillé le numéro un de la Caisse des dépôts. « Nous sommes très favorables à l'idée (...) que l'utilisation de ces fonds puisse être élargie pour être plus utile et plus efficace en cette période de sortie de crise », a-il défendu devant les sénateurs.