Lépargne réglementée sinvite dans lHémicycle ! Dans le cadre du budget 2020, les parlementaires réfléchissent notamment à faciliter louverture du Livret dépargne populaire afin que davantage de ménages éligibles profitent de ses 1,25% net. Mais, cest un autre projet de réforme qui retient aujourdhui lattention de la rédaction de MoneyVox. Celui-ci vise à améliorer la rémunération de lépargne réglementée et du Livret A en particulier.
En effet, François Jolivet, député En Marche de l'Indre, a remis un rapport au nom de la Commission des finances de lAssemblée visant à réformer lutilisation des encours de lépargne réglementée (Livret A, LDD, LEP ) faite par la Caisse des dépôts et des consignations (CDC). « De plus en plus de voix sélèvent pour expliquer que les taux négatifs, qui semblaient relever de la conjoncture, doivent être analysés comme un élément structurel et quils pourraient durer dans le temps, justifie ainsi le député dans les colonnes de Capital. Il est donc nécessaire de penser à un autre modèle, pour procurer des marges supplémentaires à la CDC ».
Mais lobjectif sous-jacent est bien également de relever le taux du Livret A. « Lobjectif serait délargir les investissements pouvant être financés par la Caisse des dépôts pour garantir une rémunération des épargnants au moins légèrement supérieure à linflation », peut-on en effet lire dans le rapport. Actuellement rémunéré 0,75%, le livret préféré des Français risque de voir son rendement chuter à 0,50% au 1er février. Or, daprès les derniers calculs de lInsee, linflation sur un an a atteint 0,90% en septembre et 0,70% en octobre.
Pour permettre à lépargne réglementée de battre linflation, la Commission des finances propose de financer des projets plus rémunérateurs pour la CDC. Aujourdhui les encours du Livret A se destinent essentiellement au logement social. Daprès le rapport 2018 de la CDC, sur les 253 milliards deuros apportés par lépargne réglementée, 163 milliards sont ainsi utilisés, quand seulement 26 milliards servent par exemple à prêter aux entreprises. « Actuellement, la CDC dispose dun stock de 290 milliards deuros dépargne réglementée et 140 milliards deuros supplémentaires dorment dans les banques de détail. Ce qui fait plus de 400 milliards deuros de fonds réglementés. Je me dis que cet excédent de liquidités représente un véritable enjeu pour garantir davantage de rémunérations à la Caisse », souligne François Jolivet.
Une foncière publique pour investir dans le patrimoine
Concrètement, le député propose de créer une foncière publique au sein de la CDC, contrôlée par les parlementaires, pour investir et entretenir les grandes infrastructures publiques, comme le réseau deau et dassainissement, mais aussi les routes et chemins de fer. « LEtat français sest dessaisi dun patrimoine public, qui procure depuis une rémunération à deux chiffres à ses acquéreurs. On peut aussi évoquer les gabegies des Partenariats Public-Privé (PPP), avec par exemple le Pentagone à la française à Paris, ou la ligne à grande vitesse Paris-Bordeaux. Pourquoi ne permettrions-nous pas à la CDC de mobiliser lépargne réglementée en direction de ce type de grands équipements publics, qui constituent des investissements de long terme sûrs ? », sinterroge dans Capital le rapporteur de ce rapport.
Mais pour lheure, cette idée ne fait pas lobjet dune proposition législative. Elle pourrait néanmoins être au programme dune mission dinformation « pour analyser les conséquences au long terme des taux négatifs sur léconomie française » et « trouver les moyens de transformer cette épargne liquide réglementée », expose le député de lIndre. Hasard terrible, leffondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn le 18 novembre dernier pourrait toutefois donner un coup de projecteur nouveau à cette proposition de réforme.


















