Dans sa note intitulée « La Caisse des dépôts, fossoyeur du Livret A », Génération Libre ne remet pas en cause lexistence du Livret A, ni son utilité pour financer le logement social. « Nous reconnaissons lexistence de failles de marché qui nécessitent des prêts de long terme que le marché ne peut assurer seul », explique le think-tank. Il plaide toutefois pour un recentrage du Fonds dépargne - au sein duquel sont centralisés les deux tiers environ de lencours du Livret A, du LDD et du LEP - sur le financement du logement social, sa mission première, et suggère « de diminuer le plafond du Livret A et de supprimer le LDD », afin dadapter la collecte aux besoins réels de ce secteur.
Génération Libre propose également de limiter lusage des « nouveaux emplois », qui permettent actuellement à la Caisse des dépôts et consignations (CDC), gestionnaire du Fonds dépargne, dutiliser librement les sommes centralisées hors du champ du logement social, pour financer des infrastructures de transports, la modernisation des hôpitaux ou les universités, notamment. Le think-tank suggère ainsi « de confier au Parlement la responsabilité de définir déventuels nouveaux emplois du Fonds dépargne » : « Ces prêts servant à financer des politiques publiques, la décision doit être réfléchie dans le cadre dune loi de finances comme les autres dépenses publiques. »
Ouvrir à la concurrence la gestion du Fonds dépargne
Plus généralement, Génération Libre critique durement la gestion du Fonds dépargne par la CDC. Selon lui, cette dernière fait une « concurrence déloyale au secteur privé avec les moyens de la puissance publique, et [crée] des risques forts pour lépargnant comme pour le contribuable ». Le think-tank dénonce pêle-mêle lusage politique du Fonds dépargne par lexécutif, les risques de conflits dintérêt - la CDC étant parfois à la fois le prêteur et le bénéficiaire des prêts, à travers ses participations dans certaines sociétés - et labsence de contrôle prudentiel exercé sur linstitution.
Génération Libre propose en conséquence de retirer à la CDC le monopole de la gestion du Fonds dépargne, et de « créer une nouvelle délégation de service public en ouvrant à la concurrence » cette gestion, partant du principe que « les banques privées ne peuvent que mieux faire que la CDC ».















