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L'afflux de dépôts vers le Livret A risque de se faire au détriment des banques, prévient Noyer

  • MoneyVox avec AFP
Christian Noyer
C. Noyer - CC R. Ellis/Wikimedia

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a mis en garde mercredi contre l'afflux de dépôts vers le Livret A et le LDD, constaté dans la foulée du relèvement de leur plafond, au détriment des banques au moment où elles doivent stabiliser leurs ressources. Il a également laissé planer le suspense quant à la décision qu'il prendra concernant la rémunération du Livret A, amenée à changer le 1er août et qui devrait baisser.

En 2012, l'encours global du Livret A et du Livret de développement durable (LDD) a augmenté de 55,3 milliards d'euros, dont 37,3 milliards durant les trois derniers mois de l'année, selon des données de l'Observatoire de l'épargne réglementée.

Le 1er octobre, le plafond du LDD avait été doublé, passant de 6.000 à 12.000 euros et celui du Livret A avait été relevé à 19.125 euros (contre 15.300 euros auparavant). Depuis, il a encore été augmenté, à 22.950 euros, le 1er janvier. Or, entre octobre en mars, les ressources des établissements de crédit issues des dépôts ont baissé de 11,1 milliards d'euros, notamment plombées par le recul sur les livrets ordinaires (-14,9 milliards).

« A l'heure où les banques doivent disposer de davantage de ressources stables pour satisfaire les normes prudentielles dites Bâle III, cette ponction appelle l'attention », a souligné M. Noyer, lors d'une conférence de l'observatoire, dont il est le président. « Elle réduit en effet leur capacité à financer de façon pérenne l'économie, notamment les entreprises », a-t-il ajouté.

La manne placée sur les livrets d'épargne réglementée échappe en effet largement aux banques, à hauteur de 65% en moyenne pour le Livret A et le LDD et de 70% pour le Livret d'épargne populaire (LEP), destiné aux ménages ayant des revenus modestes.

Suspense sur le futur taux du Livret A

Interrogé sur ses intentions concernant la future révision du taux du Livret A, le 1er août, Christian Noyer s'est montré peu disert, à la veille de la publication du chiffre de l'inflation pour juin en France, indicateur de référence essentiel dans la formule de calcul de sa rémunération.

« Je n'arrêterai ma recommandation que quand le chiffre de l'inflation sera connu », a prévenu le gouverneur de la Banque de France. « [Elle] sera inspirée par deux considérations. La première, c'est de faire ce qu'il faut pour avoir un impact significatif sur la croissance et sur l'emploi (...) L'autre objectif, c'est celui d'assurer le maintien du pouvoir d'achat de l'épargne », a-t-il ajouté.

Noyer a souligné qu'il prendrait ainsi en compte l'évolution attendue de l'inflation dans les mois à venir de façon à ce que la rémunération du Livret A lui soit supérieure. La formule prévoit que le rendement du Livret A doit être calculé soit en intégrant à la fois les taux des prêts entre banques (marché interbancaire) et l'inflation, soit en ne retenant que la seule inflation, majorée d'un quart de point, selon la solution qui offre le meilleur taux. Si le gouverneur de la Banque de France décide d'appliquer à la lettre la formule, sa décision s'impose. S'il souhaite y déroger, la décision est alors tranchée par le ministre de l'Economie.

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Par la rédaction avec AFP

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