Le chiffre est tombé ce matin, vendredi 29 mai : la hausse des prix à la consommation a atteint 2,40% en mai, selon l'estimation (encore provisoire) de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). C'est près d'un demi-point de plus que ce qu'anticipait l'institut statistique il y a deux mois, lors de sa dernière note de conjoncture en date. Autrement dit, l'inflation, relancée par la guerre au Moyen-Orient, remonte plus vite que prévu.
Sur l'ensemble du premier semestre, la hausse moyenne des prix, sur un an, pourrait ainsi s'approcher de 1,60% contre 1,25% envisagés avant le début du conflit qui a déréglé l'économie mondiale. De quoi renforcer l'hypothèse d'un rebond des taux des livrets réglementés (Livret A, LEP, LDDS) lors de la prochaine échéance de révision, le 1er août prochain, puisque l'inflation est prise en compte dans leur formule de calcul.
Un autre facteur influe aussi : les choix de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Son taux de dépôt influence directement le taux court interbancaire ster, dont la moyenne semestrielle est l'autre variable utilisée dans cette formule. Dans l'immédiat, la BCE n'a pas touché à ce taux de dépôt et l'ster 6 mois reste stable depuis décembre dernier, autour de 1,94%.
Toutefois, la prochaine réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, prévue jeudi 5 juin, devrait aboutir à une petite hausse d'un quart de point, en réponse à la hausse de l'inflation.
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Une petite hausse, avec l'aval du gouvernement
Du point de vue arithmétique, cette hausse sera trop tardive pour avoir un réel impact sur la moyenne lissée sur 6 mois de l'ster, et donc sur le futur taux du Livret A.
C'est donc la seule hausse de l'inflation qui pourrait porter celui-ci à 1,70%, voire 1,80%, contre 1,50% actuellement. Le LEP, lui, pourrait passer de 2,50% à 2,70% ou 2,80%, si le choix est fait de maintenir l'écart actuel d'un point avec le Livret A.
Pour se réaliser, cette hausse devra également obtenir l'aval du gouvernement, qui conserve (et exerce fréquemment) le pouvoir de déroger à l'application de la formule de calcul, et du nouveau gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, qui entrera en fonction le lundi 2 juin et dont ce sera la première recommandation concernant le Livret A.
Préféreront-ils le statu quo à la hausse ? Ce scénario apparaît peu probable, tant l'espoir d'une résolution de la crise déclenchée par les Etats-Unis et Israël, et donc d'un retour rapide à la normale, semble toujours plus incertain.
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