La CLCV s'inquiète d'un possible rattrapage destiné à compenser le gel du prix de l'électricité sur cette année 2022. Selon l'association de consommateurs, la hausse interviendrait en février 2023, alors que le gouvernement a fait du pouvoir d'achat des Français une priorité.

Le 14 janvier, dans une interview au Parisien, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire annonçait une hausse des prix du tarif réglmenté de l'électricité bloqué à 4% pour l'année 2022. « Pour un appartement de 60 m², la facture d'électricité moyenne est de 1 000 euros, expliquait le ministre. La facture augmentera de 40 euros. Sans cet accord, elle aurait augmenté de 350 euros. »

Mais surtout, Bruno Le Maire annonçait qu'il n'y aurait pas « de rattrapage conduisant à une nouvelle hausse l'an prochain. Ce sont l'État et EDF qui supporteront le prix. » Cette promesse aurait-elle déjà du plomb dans l'aile ? Dans un communiqué publié ce lundi 30 mai, l'association Consommation Logement Cadre de Vie (CLCV) estime que cette annonce pourrait n'être « qu'un mirage ».

Un rattrapage de 8% en février 2023 ?

Pourquoi alors une telle alerte ? La CLCV explique que fin mars, « la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a rendu publique une délibération qui demande un rattrapage tarifaire de l'ordre de 8% de ce tarif. » Mettant en avant le fait qu'une délibération de la CRE est très souvent suivie d'effets, la CLCV insiste sur le fait « que ce rattrapage est très probable ».

Une chose est sûre, la CLCV réfute l'idée que ce rattrapage est une obligation. L'association juge que la CRE aurait dû, au moins, prendre conctact avec les associations de consommateurs « comme cela est requis pour les décisions qui concernent le tarif réglementé. »

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Dans les faits, une famille de quatre personnes se chauffant à l'électrique avec une facture actuelle autour de 1 700 euros pourrait devoir payer 150 euros supplémentaires l'année prochaine, note Le Parisien. Une source gouvernementale assure cependant au quotidien que « compte tenu de son ampleur, il est envisagé de le lisser, peut-être sur deux ou trois ans, confirme une source gouvernementale. La loi en offre la possibilité. »

Bruno Le Maire dément tout rattrapage

La semaine dernière, à l'issue du premier Conseil des ministres du gouvernement d'Elisabeth Borne, la porte-parole Olivia Grégoire avait déclaré que le pouvoir d'achat des Français était une urgence et qu'un projet de loi serait bientôt soumis pour aider « tous les Français à réduire leurs dépenses contraintes en agissant notamment sur les prix », ceux de l'énergie et de l'alimentation, citant notamment les boucliers tarifaires. Un rattrapage irait donc forcément à l'encontre de cette promesse gouvernementale.

Dans une allocution ce lundi 30 mai, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a cependant annoncé que « ce besoin de financement supplémentaire, à cause des prix de l'électricité à la hausse, sera financé par le projet de Loi de finance qui sera présenté à la rentrée prochaine. » Et de rassurer tous les Français abonnés au tarif réglementé de l'électricité : « Je veux être très clair, il n'y aura aucun rattrapage sur leur facture d'électricité. Les consommateurs français ne verront aucun rattrapage en 2023. »

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