L'ouverture du marché de l'électricité à la concurrence devait faire le bonheur du consommateur. 15 ans plus tard, les offres de marché n'ont pas vraiment trouvé leur public et le prix de la facture n'a jamais été aussi haut. Fort de ce constat, l'association de consommateur CLCV demande ce mercredi la fin de la libéralisation du marché et de la concurrence entre fournisseurs, en plaidant pour un retour au monopole de distribution d'EDF.
« On augmente les tarifs réglementés pour faire vivre une concurrence qui n'existe pas »
Aujourd'hui, « on augmente les tarifs réglementés pour faire vivre une concurrence qui n'existe pas. Contrairement à la téléphonie ou au marché aérien avec les compagnies low cost, il ny a pas de rupture technologique possible avec lélectricité », explique à MoneyVox François Carlier, le directeur général de l'organisation. Le principe des tarifs réglementés est ainsi accusé de ne laisser aucune marge aux 43 fournisseurs alternatifs du marché français.
« Les projets de réforme de lorganisation économique du nucléaire, la refonte de lentreprise publique EDF et, plus encore, la fin programmée à 2025 des mesures de soutien à la concurrence amènent les acteurs à devoir reconsidérer lensemble de la régulation du secteur de lélectricité. La CLCV, qui a pour seul but de défendre lintérêt de tous les particuliers dans leur consommation dénergie, propose un retour régulé au monopole de distribution. Louverture du marché de lélectricité est un échec qui savère nuisible pour le bien- être des consommateurs », écrit la CLCV dans son communiqué. En 2020, environ un tiers des clients (10 millions) sont abonnés aux offres de marché.
Des pratiques commerciales agressives comme seul espoir ?
« La seule action tangible des opérateurs alternatifs est un recours puissant aux pratiques commerciales trompeuses et agressives. Le démarchage qui tourne à lintimidation et au mensonge est pour partie la conséquence de louverture du marché. Les opérateurs alternatifs utilisent en effet ce moyen car ils ne peuvent pas réellement se différencier dans le prix ou la qualité », dénonce aussi l'association. En 2018, le Médiateur de lénergie a été saisi près de 17 000 fois et une loi encadre désormais la pratique. Un constat qui incite plusieurs « petits acteurs » du secteur à réclamer à la Commission de régulation de l'énergie (CRE) un classement qui ne se base pas uniquement sur le prix, jugé aveuglant.
Un observateur avisé du secteur assurait mi-février à MoneyVox que la libéralisation du marché nest pas responsable des factures de 2021. Il rappelle que la gestion du réseau et les taxes représentent 70% de la facture totale.
















