La détermination du prix de lélectricité est un sujet politique sensible. Dans un climat encore marqué par les revendications des Gilets jaunes, les Français verraient dun mauvais il une hausse sensible de leur facture énergétique, qui représente déjà un coût de 960 euros par an en moyenne (1). Les concurrents dEDF le savent bien et tentent de mettre la pression sur le gouvernement pour que celui-ci agisse en faveur dune modération des tarifs.
Car ce jeudi, le Sénat doit adopter définitivement le projet de loi Energie Climat. Or, le texte comprend notamment un élément qui doit jouer, à terme, sur les prix de lélectricité : il prévoit de donner aux concurrents dEDF (Eni, Total Direct Energie, Vattenfall, etc) un accès plus important au prix régulé de l'Arenh (Accès Régulé à l'Energie Nucléaire Historique). Pour faire simple, à lheure actuelle, les fournisseurs alternatifs ont le droit dacheter une partie de lénergie nucléaire dont ils ont besoin à un tarif « préférentiel » (42 euros par mégawattheure), le reste de leurs achats se faisant au prix du marché. Le projet de loi Energie Climat prévoit que la production nucléaire pouvant être acquise au tarif de lArenh passe de 100 (environ ¼ de la production dEDF) à 150 térawattheures. Ce qui permettrait selon les nouveaux acteurs de lénergie de maintenir des tarifs raisonnables pour leurs clients.
Mais dans un entretien aux Echos, Naima Idir, présidente dune association regroupant les principaux fournisseurs alternatifs, met en garde contre linaction du gouvernement. « Une hausse du plafond de l'Arenh permettrait de limiter la hausse des tarifs à 1%. Mais pour cela le gouvernement doit prendre un décret avant mi-novembre - date à laquelle les fournisseurs alternatifs doivent soumettre leurs demandes d'électricité nucléaire d'EDF au régulateur. Or, jusqu'ici les signaux que nous avons ne sont guère positifs ». En labsence de décision de lexécutif, elle évoque le « risque d'avoir une augmentation de près de 4% des tarifs d'électricité réglementés dès 2020 ». Or, les tarifs réglementés concernent les clients d'EDF mais aussi ceux des autres opérateurs, dont les grilles tarifaires sont généralement indexées sur le tarif réglémenté de l'électricité.
Le gouvernement se retrouve dans une position inconfortable, car il doit également composer avec le mécontentement dEDF. Le fournisseur historique estime en effet que le prix de lArenh est trop faible et ne couvre pas ses coûts de production. Un passage de 42 à 45 euros du mégawattheure serait donc à létude. Mais toutes ces modifications doivent aussi être validées par la Commission européenne. Sans oublier que la hausse de lArenh aurait sans doute aussi une répercussion finale sur la facture des Français
(1) Etude « Les dépenses des Français en électricité depuis 1960 », publiée par l'INSEE en avril 2019. En 2016, lélectricité dépense représente 2,3% de leur budget de consommation, soit 960 euros en moyenne par ménage et par an.
















