Fermeture puis réouverture du guichet permettant de faire une demande d'aide, réduction des montants accordés, suppression de certains travaux éligibles... Le dispositif de soutien à la rénovation énergétique le plus connu, MaPrimeRénov', a connu de nombreux changements ces dernières années.

De nouveaux changements sont à prévoir avec, comme c'est le cas depuis plusieurs mois, la promotion des pompes à chaleur la suppression de certains travaux éligibles et parfois un basculement de l'aide vers les certificats d'économie d'énergie (CEE).

Ce qui va changer pour les gestes isolés de travaux

Pour le parcours par gestes, de nombreux travaux ne seront plus aidés par MaPrimeRénov' : l'installation de poêles à bois ou à granulés, de chauffe-eau et chauffages solaires (sauf en Outre-mer), de pompes à chaleur dédiées à la production d'eau chaude sanitaire, de systèmes de ventilation, ainsi que les travaux d'isolation des toits, des combles et le changement des fenêtres.

« Il y a un recentrage sur l'électrification, avec très peu de gestes restants pour le parcours monogestes », constate Audrey Zermati, directrice stratégie d'Effy, société qui accompagne les particuliers dans les travaux de rénovation énergétique. Parmi les derniers gestes qui seront encore aidés : l'installation de pompes à chaleur utilisées pour se chauffer, le raccordement à un réseau de production de chaleur ou de froid.

Pour l'isolation, une aide existe encore parfois via les CEE, mais elle reste bien plus faible. « Aujourd'hui, c'est un soutien autour de 10 à 15 euros par m² pour l'isolation des murs, soit une aide de 1 000 euros quand il y avait 7 500 euros auparavant avec MaPrimeRénov' », indique Audrey Zermati.

En revanche, « pour compenser la suppression de l'aide sur les chauffe-eau thermodynamiques, la valorisation des CEE devrait augmenter », précise Pierre-François Morin, directeur de l'activité rénovation énergétique chez Hello Watt, entreprise qui propose une application pour analyser la consommation d'énergie et un accompagnement dans les travaux d'isolation énergétique. Pour cet équipement, le niveau d'aide devrait donc rester plus ou moins le même.

MaPrimeRénov' : ce qui change pour les travaux éligibles à l'aide pour la rénovation énergétique

Déposer un dossier avant la rentrée

Vous comptez faire des travaux à court terme ? Il est encore possible de bénéficier des niveaux d'aide actuels de MaPrimeRénov', à condition de déposer un dossier rapidement. « Il faut présenter un devis, mais il n'y a pas besoin de le signer. Il sera donc possible de le modifier plus tard. L'important, c'est d'avoir la validation du dépôt de la demande par l'Anah avant le 1ᵉʳ septembre », conseille Audrey Zermati.

À noter, le site est pour l'instant inaccessible, et ce jusqu'au 17 août. Après cette date, il faudra créer un compte pour demander l'aide sur france-renov.gouv.fr. Les dossiers en cours conserveront leur historique et leurs informations. Ils pourront retrouver l'accès à leur compte en s'identifiant via France Connect+ ou par courrier.

Nouvelle règle pour les rénovations d'ampleur

L'autre nouveauté concerne les rénovations d'ampleur : il ne sera plus possible d'obtenir une aide si un chauffage au gaz est conservé après les travaux. « Cette évolution du dispositif MaPrimeRénov', qui concerne les travaux de rénovation effectués dans les maisons individuelles, fait partie du plan d'électrification du gouvernement », détaille le site Service-public.

Selon Audrey Zermati, cela représente 10% des dossiers. « Par rapport à l'année dernière, il y a eu une division par deux des forfaits maximaux d'aide. Pour une rénovation d'ampleur, il faut réaliser deux gestes d'isolation auxquels s'ajoute cette nouvelle obligation de se séparer de la chaudière gaz. Il y aura parfois un arbitrage par rapport au reste à charge et nous ne pourrons plus proposer autant de gestes de confort d'été, comme les volets roulants ou les brasseurs d'air », explique-t-elle.

Une offre de pompes à chaleur en leasing

D'autres mesures sont d'ailleurs annoncées pour favoriser l'installation des pompes à chaleur. En octobre, un leasing social pompe à chaleur avec un financement de l'équipement étalé sur 3 ans sera proposé aux ménages modestes ou très modestes. Depuis le 18 juillet, certaines pompes à chaleur air-air sont devenues éligibles au taux de TVA réduit de 5,5%.

Par ailleurs, grâce à la baisse du coefficient de conversion de l'électricité qui influence le diagnostic de performance énergétique, les logements équipés d'un mode de chauffage électrique et notamment d'une pompe à chaleur pourront obtenir un meilleur classement en janvier 2027.

Cette tendance se voit déjà sur le bilan de MaPrimeRénov' du premier trimestre. S'il y a une baisse du nombre de dossiers déposés pour les rénovations d'ampleur et les rénovations par geste, les pompes à chaleur font exception, avec une hausse de 20% du nombre de logements équipés.

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