+ 5,6% en moyenne, en septembre, sur la facture des foyers ayant souscrit une offre de gaz indexée au prix repère. Depuis quelques mois, cet indicateur mensuel publié par le gendarme de l'énergie est revu à la hausse à cause des augmentations de prix sur le marché de gros, dans un contexte de tension au Moyen-Orient.

Une situation qui laisse anticiper des factures plus salées cet hiver, moment où la demande en gaz sera plus importante, notamment pour le chauffage.

Tensions géopolitiques

« Aujourd'hui (le vendredi 14 août, NLDR), les prix du gaz naturel liquéfié (GNL) sont élevés : 60 euros par MWh à Rotterdam, contre entre 40 euros et 42 euros par MWh normalement. L'évolution va dépendre de facteurs géopolitiques et de la situation dans le détroit d'Ormuz. Le Qatar, gros producteur de gaz naturel liquéfié (GNL), a actuellement du mal à exporter son gaz. L'Europe n'en dépend pas vraiment : 80% va vers l'Asie, mais cette dernière va devoir s'approvisionner sur le marché international, ce qui va provoquer une hausse des prix », détaille Jacques Percebois, spécialiste de l'économie de l'énergie.

Par ailleurs, la France dépend davantage du gaz produit par les États-Unis. Or, « de nombreuses centrales à gaz sont en train d'être construites par les fournisseurs d'intelligence artificielle qui ont besoin d'électricité pour traiter les données », constate Jacques Percebois. Conséquence possible : une baisse des exportations de gaz des États-Unis et une tension accrue sur les prix.

« Il y a aussi des difficultés d'approvisionnement en Norvège, on s'attend à moins de livraisons et avec la fermeture du détroit, chaque petit changement entraîne des variations importantes », ajoute Olivier Robert, expert énergie chez Papernest.

Des réserves peu remplies

Autre facteur de tension : « le stockage européen de gaz n'est pas bien rempli : 57%, notamment parce que certains attendent que les prix baissent pour reconstituer les stocks. Il faudrait au moins 15% de plus. Si cela continue, les prix augmenteront », explique Jacques Percebois.

Et un paramètre complique encore la situation. Actuellement, la consommation de gaz augmente en France pour produire de l'électricité. Les canicules ont des conséquences sur le potentiel de refroidissement des centrales nucléaires, certaines doivent donc être arrêtées pour des raisons de sécurité. Le manque d'eau affecte la production d'électricité des barrages hydrauliques.

« Il y a beaucoup d'incertitudes, il est bien possible que les prix montent et peu probable qu'ils baissent », résume Olivier Robert.

Une augmentation déjà conséquente

Comme le montrent les calculs de Papernest, l'augmentation est déjà conséquente. « Pour un foyer chauffé au gaz (11 200 kWh/an), la facture annuelle théorique atteint désormais 1 869,88 euros, contre 1 767,29 euros le mois précédent — une hausse de 102,59 euros en un seul mois. Sur un an, l'écart atteint 358,60 euros, soit +23,7% ».

Notre simulation illustre également cette hausse de prix. Avec le niveau du prix repère de septembre 2025, une consommation de gaz de 1 416 kWh avec un usage chauffage entraînait une facture mensuelle de 176,25 euros, contre 221 euros avec le niveau du prix repère de septembre 2026.

Comment se prémunir de la hausse ?

Pour éviter la hausse des factures, les particuliers ont tout intérêt à changer de contrat, notamment s'il est indexé aux prix des marchés de gros ou au prix repère du gaz. À la place, mieux vaut opter pour une offre à prix bloqués, pour s'assurer un prix du kWh fixe pendant 1, 2 ou 3 ans.

Par ailleurs, si vous disposez d'un contrat fixe qui arrive à échéance, surveillez les communications de votre fournisseur. « Lors du renouvellement, il est possible que les fournisseurs fassent passer des hausses de prix. Pour les souscriptions, nous avons remarqué une hausse des prix de l'ordre de 15% en juin chez beaucoup de fournisseurs, ils s'adaptent à la situation », remarque Olivier Robert.

Pour rappel, les particuliers peuvent changer à tout moment de contrat, sans frais et sans coupure. Il suffit de souscrire un contrat et le fournisseur se charge de la résiliation de l'ancien.

EDF, Engie, Ekwateur, GEG : les offres fixes les moins chères pour éviter la hausse du prix du gaz en septembre

Autre solution, toutefois plus contraignante : changer son mode de chauffage. Des aides sont actuellement proposées pour s'équiper d'une pompe à chaleur et d'autres vont entrer en vigueur dans le cadre du plan d'électrification du gouvernement.