L'essentiel

  • Une hausse de 15% est attendue sur les offres de gaz indexées en mai, confirme Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l'énergie.
  • Cela affecterait environ 60% des 10,3 millions de consommateurs de gaz. Pour les ménages se chauffant au gaz, l'impact pourrait être significatif.
  • Il est conseillé de souscrire à une offre fixe pour sécuriser un prix du kWh moins élevé avant l'hiver prochain.

Une hausse de l'ordre de 15% sur les offres indexées de gaz en mai. C'est l'estimation confirmée, en début de semaine, par Emmanuelle Wargon, la présidente de la Commission de régulation de l'énergie (CRE),

« Les spécialistes estiment qu'il y aura une hausse entre 10 et 20% des tarifs à partir du mois de mai. Est-ce que ça restera à ce niveau ? Est-ce que ça augmentera ? Personne n'en sait rien », a pour sa part précisé Bernard Doroszczuk, le médiateur de l'énergie, cité par La Tribune.

Pour rappel, ceux qui seront confrontés à l'augmentation sont ceux qui auront toujours, en mai, une offre à prix indexés sur le prix repère du gaz ou sur les prix des marchés de gros, puisque la hausse de ces dernières semaines sera alors répercutée sur le prix du kWh. C'est le cas de 60% des 10,3 millions de consommateurs de gaz selon le ministère de l'Économie.

Jusqu'à plusieurs centaines d'euros supplémentaires ?

Quel résultat, concrètement, pour la facture des concernés ? Pour les consommateurs utilisant peu de gaz, une augmentation de 15% resterait mesurée. Par exemple, pour un foyer utilisant 750 kWh par an (usage cuisson - cuisine), la facture annuelle selon le niveau actuel du prix repère du gaz est de 249 euros. Une hausse de 15% porterait ce coût annuel à 286 euros (+ 37 euros par an).

Les conséquences seront plus importantes pour les ménages se chauffant au gaz. « Si les prix de marché actuels se stabilisent à ce niveau record (autour de 70 euros par MWh), la facture pourra s'envoler de 50%, soit un surcoût de 525 euros par an pour une famille de quatre personnes consommant 10 000 kWh à l'année. Même en cas de redescente partielle des cours, une hausse de 25% du prix du gaz pour les particuliers semble inévitable, représentant environ 260 euros supplémentaires par an », calcule Hello Watt.

Pour sa part, Selectra estimait que « pour un foyer chauffé au gaz (zone 1), le prix du kilowattheure (du prix repère du gaz NDLR) passerait de 0,10415 euro en avril à 0,12491 euro en mai. C'est une augmentation de 19,93% sur la seule part de consommation. (...) En intégrant l'abonnement (qui reste fixe), la facture annuelle moyenne d'un client type (consommant 15 100 kWh/an) passerait de 1 543 euros à 1 782 euros. Un surcoût de 239 euros par an (soit +15,49% sur la facture globale) ».

Souscrire à une offre fixe

Dans un premier temps, le coût supplémentaire ne sera pas si important, puisque la période de chauffe est passée. Il est toutefois conseillé de souscrire à une offre fixe, pour sécuriser un prix du kWh moins élevé avant l'hiver prochain.

Certains fournisseurs proposent encore des tarifs intéressants pour ces offres en cette fin mars, mais ils deviendront beaucoup plus rares à mesure que la répercussion de la hausse des prix de marché se rapproche. « Il est possible que le nombre d'offres à tarif fixe diminue. C'est aussi possible que le tarif de ces offres augmente de manière substantielle pour que les fournisseurs se couvrent dans leur approvisionnement à terme », expliquait Bernard Doroszczuk à La Tribune.

D'autant que l'augmentation de la facture d'une offre indexée pourrait être plus significative si la crise dure. Pour rappel, il est possible de changer de fournisseur à tout moment et sans frais ni coupure. Le médiateur de l'énergie propose un outil indépendant et facile d'utilisation pour comparer les contrats.

Hausse des prix du gaz et du fioul : qui a intérêt à passer à la pompe à chaleur ?