Les attaques de plusieurs infrastructures clés au Moyen-Orient, dont plusieurs raffineries, ont propulsé jeudi le cours du TTF néerlandais, référence européenne du gaz, à +35%, un niveau jamais vu depuis janvier 2023, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie fin février 2022. L'envolée s'est calmée en fin de journée jeudi, le mégawattheure de gaz grimpant alors de 13,15%, à 61,85 euros.

Pour les ménages dont le contrat est indexé sur les cours mondiaux du gaz, les tarifs évoluent avec un décalage d'environ deux mois : les prix de mars se répercuteront donc en mai, a rappelé Emmanuelle Wargon, la présidente de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) sur RMC.

En France, sur les plus de 10 millions de consommateurs particuliers de gaz, entre 40% et 50% ont une offre à prix fixe. Les autres seront impactés par l'augmentation. La hausse ne sera « pas gigantesque », car « mai, ce n'est pas la saison du chauffage », a souligné Emmanuelle Wargon, rappelant que « quand on se chauffe au gaz, les deux tiers de la facture, c'est le chauffage lui-même ».

Interrogée sur une possible augmentation d'environ 15%, la présidente de la CRE a répondu que cela serait « dans cette zone-là », tout en relevant que cette hausse porterait sur un volume de consommation relativement faible.

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Un impact plus significatif à craindre ?

En revanche, « si les prix du gaz sont toujours élevés au moment où il recommence à faire froid et donc si ça s'accumule sur toute l'année », l'impact sera plus significatif, a-t-elle dit.

Ainsi, selon la société Hello Wattn « si les prix de marché se stabilisent à ce niveau record (autour de 70 euros par MWh), la facture pourrait s'envoler de +50%, soit un surcoût de 525 euros par an pour une famille de quatre personnes consommant 10 000 kWh à l'année. Même en cas de redescente partielle des cours, une hausse de +25% du prix du gaz pour les particuliers semble inévitable, représentant environ 260 euros supplémentaires par an ».

Se protéger en souscrivant à une offre fixe

« La hausse des marchés ne se répercute pas immédiatement sur la facture des particuliers, mais le rattrapage est inéluctable pour ceux qui ont une offre à prix indexé. Il y a une fenêtre de tir critique pour agir maintenant, et sécuriser son prix du gaz avec une offre à prix fixe, avant que les fournisseurs soient contraints d'augmenter leur prix », conseille Maxime Detony, directeur activité énergie au sein d'Hello Watt.

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Les factures d'électricité épargnées ?

Emmanuelle Wargon a assuré que la hausse du prix du gaz n'aura pas d'effet sur le prix de l'électricité, comme cela s'était produit en 2022 après le déclenchement de la guerre en Ukraine. « On dépend du gaz pour l'électricité seulement si on n'en produit pas assez », a-t-elle expliqué. « En ce moment, on a beaucoup d'électricité nucléaire, les centrales nucléaires d'EDF tournent à plein, on a aussi beaucoup d'électricité renouvelable et ça nous suffit », a-t-elle ajouté.