Plusieurs centaines de salariés d'Aéroports de Paris (ADP) se sont rassemblés vendredi devant le ministère de l'Économie pour réclamer un engagement de l'État, actionnaire principal, à ne pas demander de dividende dans les années à venir, alors que la direction cherche à réduire la masse salariale, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des discussions sont en cours au sein d'ADP pour négocier plusieurs accords, notamment sur l'activité partielle de longue durée (APLD) et la réduction des effectifs via une rupture conventionnelle collective (RCC). Un accord de performance collective (APC), permettant temporairement des réductions de salaire ou une augmentation du temps de travail, est également en négociation pour faire face à la crise du transport aérien provoquée par la pandémie de coronavirus.

« On ne peut pas accepter qu'une partie des bénéfices, quand ils reviendront, soient distribués aux actionnaires », a indiqué Laurent Garssine, secrétaire général de l'Unsa-Sapap, qui appelait à ce rassemblement et à la grève avec les syndicats CFE-CGC et CGT. « Si l'Etat nous donne des garanties, ça nous donne obligation de nous engager dans les accords », a fait valoir Daniel Bertone, secrétaire général de la CGT.

Les trois syndicats ont été reçus à Bercy vers 11H. Le ministère a promis de formaliser son engagement par écrit tout en soulignant que le gouvernement avait su s'adapter en demandant aux entreprises dans lesquelles il détenait des participations de ne pas verser de dividendes cette année. « Il lui est cependant difficile de prendre des engagements au-delà de 2022 », a rapporté Daniel Bertone, qui a participé à la réunion. Au sujet des négociations, « l'État ne s'ingère pas dans le dialogue social et fait confiance aux partenaires pour trouver un accord », a-t-il ajouté.

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Pas de privatisation avant 2022

Enfin le gouvernement a réaffirmé qu'une privatisation d'ADP n'était pas envisagée d'ici la présidentielle de 2022. La direction d'ADP, qui a suspendu le versement des dividendes à ses actionnaires en raison de la crise, envisage de supprimer jusqu'à 700 postes sous la forme de départs volontaires, sur les 6.300 salariés du groupe.

Pour Rachid Eddaidj, de la CFE-CGC, avec ce niveau de réduction d'effectifs, « la charge de travail va peser sur les salariés quand il y aura une reprise de l'activité » en 2022 ou 2023. D'après les syndicats, les négociations achoppent surtout sur l'accord de performance collective. La direction propose « une diminution des primes à plus ou moins long terme », selon Daniel Bertone (CGT).

« Le long terme pérenne pour nous n'est pas acceptable », a-t-il ajouté. « Le montant global d'économie souhaité jusqu'en 2024 est de 200 millions d'euros, on fait porter beaucoup trop d'économies sur les frais de personnel », a-t-il estimé. Sans accord, la direction agite la menace d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) « contraint », a affirmé M. Bertone. Les négociations doivent s'achever le 23 octobre.