Les marchés : +5,3% en 2026
Petite séance ! Le CAC 40 perd ce soir 0,21% à 8 367 points et se dirige vers un gain de 2,3% sur le mois de juin. Alors que le premier semestre se terminera demain soir, il signe désormais une hausse de 2,7% depuis le début de l'année hors dividendes (+5,3% dividendes inclus). L'hésitation de ce lundi s'explique principalement par la situation toujours tendue au Moyen-Orient. On va faire bref car ces actualités sont extrêmement répétitives.
Les États-Unis et l'Iran ont échangé des frappes militaires ces derniers jours, se disputant notamment le contrôle du détroit d'Ormuz. Hier, les deux pays ont annoncé une énième trêve temporaire, permettant aux navires de circuler à nouveau librement dans la zone. Des équipes des deux pays doivent désormais se retrouver à Doha, au Qatar, pour poursuivre les négociations.
De l'autre côté de l'Atlantique, la Bourse de New York ouvre en hausse (+1,3% sur le Nasdaq, +0,7% sur le S&P 500). Les investisseurs restent toutefois vigilants, notamment après une semaine difficile pour les grandes entreprises technologiques. Ils ont également les yeux tournés vers le Portugal, où la Banque centrale européenne organise à partir de ce lundi un grand forum de banquiers centraux. La publication du rapport mensuel sur l'emploi américain, prévue jeudi, sera l'autre moment clé de la semaine. On en reparle dans cette édition.
Du côté des valeurs françaises, quelques valeurs tirent leur épingle du jeu aujourd'hui : STMicroelectronics gagne 1,6% à la suite d'une recommandation favorable de JP Morgan. Le laboratoire pharmaceutique Ipsen monte également de 1,6% après l'acquisition d'une société américaine spécialisée dans les traitements contre le cancer. Et Schneider, l'une de nos actions préférées, continue de défrayer la chronique. Bonne lecture à tous !
Les valeurs
Schneider Electric
Le spécialiste des équipements électriques gagne 0,74% 278,10 euros porté par des anticipations de plus en plus favorables avant la publication de ses résultats semestriels le 30 juillet. Hors dividendes, le titre affiche une hausse de 18% depuis le début de l'année, contre seulement 2,7% pour le CAC 40. Plusieurs banques estiment que ce rendez-vous pourrait être décisif à court terme. Barclays le qualifie même de l'un des trimestres les plus importants de l'histoire récente du groupe. Après une croissance de 7,4% au premier trimestre, inférieure aux 8,9% attendus, le marché mise désormais sur un net rebond, avec une croissance proche de 10%, voire 12% selon Barclays.
L'optimisme repose sur plusieurs moteurs. Schneider Electric profite pleinement de l'essor de l'intelligence artificielle grâce à ses équipements destinés aux centres de données. Deutsche Bank anticipe un relèvement de l'objectif de croissance annuelle de 7-10% à 8-11%, tandis que Barclays s'attend à des résultats supérieurs aux attentes et à un relèvement des prévisions. La banque souligne également que le marché sous-estime encore le potentiel du groupe en Chine, où près de 300 milliards de dollars pourraient être investis dans les centres de données au cours des cinq prochaines années. Schneider réalise déjà 13% de son chiffre d'affaires dans les centres de données en Chine et en Asie de l'Est. Si ces prévisions se confirment le 30 juillet, elles pourraient renforcer la confiance des investisseurs dans l'un des grands gagnants français de la révolution de l'IA.
Ipsen
Ipsen progresse de 1,60% à 165 euros après l'annonce du rachat de la biotech américaine Kartos Therapeutics, spécialisée dans les cancers du sang. Le laboratoire français va débourser 450 millions de dollars dès la finalisation de l'opération, un montant qui pourrait atteindre 1,75 milliard de dollars si les objectifs réglementaires et commerciaux sont remplis. Avec cette acquisition, Ipsen met la main sur un candidat-médicament en phase 3, la dernière étape des essais cliniques avant une éventuelle autorisation de mise sur le marché. Les premiers résultats sont attendus en 2027.
À court terme, cette opération ne devrait pas bouleverser les comptes du groupe. En revanche, elle pourrait devenir un véritable moteur de croissance à partir de 2028-2029, avec un impact positif sur les résultats attendu dès 2029. Ipsen renforce ainsi son portefeuille dans l'oncologie avec un traitement ciblant une forme rare de cancer du sang, tout en limitant le risque financier immédiat. Une stratégie qui séduit les investisseurs, le laboratoire privilégiant l'investissement dans ses futurs relais de croissance plutôt que dans sa croissance à court terme. Depuis le début de l'année, le titre progresse de 39% !
Le coin des smalls
Exosens
Le spécialiste de la vision nocturne s'offre l'une des plus fortes hausses du SBF 120 ce soir, en gain de 2,77% à 55,65 euros, après l'annonce d'un contrat majeur dans la défense. Le groupe fournira plus de 17 000 tubes intensificateurs de lumière au fabricant lituanien Brolis, destinés à équiper l'armée tchèque jusqu'en 2032. Si le montant officiel n'a pas été dévoilé, plusieurs bureaux d'études l'estiment à environ 40 millions d'euros. Il s'agit de la plus importante commande de ce type jamais passée par la République tchèque, un nouveau succès qui renforce la visibilité du carnet de commandes d'Exosens.
Au-delà de ce contrat, l'annonce confirme le bon positionnement du groupe français sur un marché porté par le réarmement européen. Les équipements de vision nocturne sont, en effet, devenus des technologies stratégiques et Exosens s'impose comme un fournisseur clé. Une visibilité particulièrement appréciée par les investisseurs dans un secteur de la défense qui continue de bénéficier d'une forte dynamique. Depuis le début de l'année, le titre éligible au PEA-PME progresse de 15% à la Bourse de Paris.
Le monde d'après
Le record de 2021 sera-t-il battu ?
SpaceX a ouvert le bal avec une opération record de 86 milliards de dollars, et d'autres géants de l'intelligence artificielle pourraient suivre. Anthropic et OpenAI sont régulièrement évoqués parmi les prochains candidats à une entrée en Bourse, avec des valorisations pouvant dépasser 1 000 milliards de dollars. Selon HSBC, les entreprises américaines pourraient lever près de 300 milliards de dollars en Bourse cette année, dont environ 200 milliards pour ces trois noms.
Pour autant, le record de 2021 restera difficile à battre. Cette année-là, les introductions en Bourse américaines avaient permis de lever environ 275 milliards de dollars, dans un contexte d'euphorie boursière et surtout grâce aux sociétés d'acquisition, ces véhicules financiers qui permettaient à de nombreuses entreprises de rejoindre la Bourse plus rapidement. À elles seules, ces opérations avaient représenté environ 162 milliards de dollars en 2021. Depuis, les règles se sont durcies et les investisseurs se montrent beaucoup plus sélectifs.
La vague actuelle sera donc probablement moins importante, mais beaucoup plus concentrée sur quelques rares noms. Les investisseurs semblent toutefois prêts à financer certains grands noms, déjà très visibles et positionnés sur l'intelligence artificielle, l'espace ou les infrastructures technologiques. En revanche, pour de nombreuses entreprises plus classiques, l'accès à la Bourse reste difficile. 2026 pourrait ainsi devenir l'année des très grandes opérations, sans retrouver pour autant l'euphorie de 2021.
L'agenda
Second semestre !
Trois événements structurent cette semaine écourté pour les investisseurs. Le premier est le Forum annuel de la BCE à Sintra, au Portugal, qui se tient d'aujourd'hui à mercredi. Mercredi justement, les discours de Christine Lagarde et du nouveau président de la Fed Kevin Warsh seront particulièrement suivis pour y déceler des indices sur l'évolution future des taux d'intérêt. L'enjeu est de taille : les marchés anticipent au moins une hausse de taux de 0,25% de la BCE cette année, tandis que du côté américain, deux hausses sont désormais envisagées, dans un contexte où l'inflation reste au-dessus des cibles des deux institutions.
Le deuxième temps fort est le rapport mensuel sur l'emploi américain, publié de façon exceptionnelle jeudi 2 juillet, un jour plus tôt qu'à l'accoutumée en raison du 250e anniversaire de l'indépendance américaine, qui entraîne la fermeture des marchés vendredi. Le consensus table sur 172 000 créations d'emplois en juin et un taux de chômage stable à 4,3%. Comme toujours, ces résultats seront déterminants pour calibrer les attentes sur la prochaine décision de la Fed en juillet.
En toile de fond, la situation géopolitique au Moyen-Orient restera sans surprise le troisième fil conducteur. Un accord provisoire entre Washington et Téhéran a acté la fin des combats et la réouverture du détroit d'Ormuz, mais sa mise en uvre concrète demeure incertaine et continuera d'influencer les prix du pétrole et l'appétit pour le risque tout au long de la semaine. Côté macroéconomique, plusieurs indicateurs économiques majeurs compléteront le tableau mercredi : l'inflation de la zone euro, des indices d'activité économique en Chine et aux États-Unis, ainsi que le rapport ADP sur l'emploi privé américain. De quoi fournir une photographie de la santé de l'économie mondiale avant l'entrée dans le second semestre.
Demain à la une
Fin de trimestre sous tension
La séance de demain devrait surtout tourner autour de l'inflation. En Europe, les premières estimations de prix en France et en Allemagne seront très suivies, car elles influenceront les attentes sur les prochaines décisions de la BCE. L'attention se portera aussi sur les États-Unis, avec la confiance des consommateurs américains attendue à 16h, un indicateur important pour mesurer la solidité de la consommation, moteur clé de l'économie américaine.
Les marchés resteront également attentifs au pétrole et au Moyen-Orient. Malgré la reprise des négociations entre Washington et Téhéran, les tensions autour du Golfe entretiennent la nervosité, même si le Brent reste proche des 73$ le baril, en baisse de 20% sur le mois. Côté entreprises, le calendrier reste léger, mais Nike publiera ses résultats après la clôture américaine, dans un contexte difficile pour le titre, en baisse de 35% depuis le début de l'année.
Le lexique
Les produits structurés
Les produits structurés sont des instruments financiers qui combinent plusieurs actifs (obligations, options, dérivés) et offrent un rendement spécifique en fonction de scénarios de marché prédéfinis. Ils permettent d'ajuster le couple rendement / risque en intégrant des mécanismes de protection partielle du capital, de participation à la performance d'un sous-jacent (indice, action, taux, etc.) et des conditions de remboursement adaptées aux objectifs de l'investisseur.















