Le contrat à terme sur l'indice vedette CAC 40 progressait de 0,67% une quarantaine de minutes avant l'ouverture du marché. Mercredi, l'indice avait terminé en fort repli de 1,06%, à 8 066,68 points à la clôture, à l'issue d'une séance marquée par la déroute de LVMH, plus grosse capitalisation boursière française, qui a chuté de 7,89% après la publication de ses résultats annuels.

Jeudi, « les investisseurs choisissent de retenir l'essentiel du message de la banque centrale américaine (Fed) : son président, Jerome Powell, a réaffirmé que l'économie américaine fonctionne à un niveau proche de son potentiel, avec des risques désormais davantage orientés à la hausse qu'à la baisse pour la croissance » de la première puissance économique mondiale, explique John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.

La banque centrale américaine a laissé ses taux d'intérêt inchangés à l'issue de sa première réunion de l'année, dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%, après les avoir abaissés de trois quarts de point de pourcentage au cours des derniers mois de 2025.

C'est surtout le changement de ton du communiqué de presse publié par l'institution monétaire que les marchés retiennent, la Fed ayant signalé qu'elle n'était pas pressée de reprendre son cycle d'assouplissement monétaire, malgré une inflation toujours jugée « quelque peu élevée ».

Dans son communiqué, l'institution souligne que la croissance économique reste « robuste », suggérant qu'un soutien monétaire supplémentaire –à savoir une baisse des coûts d'emprunt via des réductions de taux– ne s'impose pas à court terme.

Par ailleurs, la Fed estime désormais que le marché du travail montre « des signes de stabilisation ». Le taux de chômage s'élevait à 4,4 % en décembre et, lors de sa réunion précédente, elle évoquait encore une légère dégradation de l'emploi.

Ce changement « d'évaluation de la Fed doit être entendu par les investisseurs, car c'est tout ce qui compte jusqu'à présent : valider les objectifs ambitieux de bénéfices de l'année, malgré une saison des résultats décente mais pas fantastique », commente Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier AM.

Le regard des acteurs du marché reste en effet rivé sur la saison des résultats. Mercredi soir, après la clôture de la Bourse de New York, Microsoft, Meta et Tesla ont publié « des résultats contrastés », jugent les économistes de Deutsche Bank.

Autre point d'attention des investisseurs : les métaux précieux, qui ont de nouveau affiché des mouvements spectaculaires. « L'or (+4,86%) a enregistré mercredi sa meilleure séance depuis les premières semaines de la pandémie de Covid et a encore progressé de 2,41% pendant la nuit, au-delà de 5 500 dollars l'once », relèvent les économistes de Deutsche Bank.

Parmi les valeurs à suivre

Sanofi : le géant pharmaceutique français Sanofi a annoncé viser « une croissance solide » pour 2026 grâce à son médicament vedette en immunologie, Dupixent, qui a enregistré une « année remarquable » en 2025, ainsi qu'à « une collection » de produits plus récents.

Eurofins : le groupe français de laboratoires d'analyses Eurofins Scientific a annoncé avoir dégagé en 2025 un bénéfice net de 473 millions d'euros, en hausse de 17%, supérieur à celui de l'année précédente mais inférieur aux attentes des analystes, tout comme son chiffre d'affaires, pénalisé par un effet de change défavorable.

STMicroelectronics : le fabricant franco-italien de composants électroniques STMicroelectronics a achevé l'année 2025 avec un bénéfice net part du groupe en chute de près de 90%, après un recul de son chiffre d'affaires et des dépréciations d'actifs.

Kering : la marque de luxe McQueen pourrait licencier un tiers de ses salariés italiens, alors que le groupe Kering, auquel elle appartient, tente de se redresser, selon un communiqué diffusé mercredi par trois syndicats locaux.