« Le modèle ne sera donc pas soutenable sans changement », a précisé le représentant du gendarme des banques et des assurances lors de la présentation du rapport annuel de l'institution, après avoir constaté que les hausses de tarifs ces dernières années en assurance étaient largement supérieures à l'inflation.

L'exclusion de certaines populations du régime de l'assurance, du fait de futures hausses de primes dans certaines zones, est régulièrement brandie par des acteurs du marché.

Les assureurs ont « naturellement vocation à gagner en efficacité opérationnelle par des économies d'échelle, par l'innovation », a souligné M. Faugère, « et ils ont toute légitimité aussi à promouvoir la prévention des dommages, en éclairant les assurés sur leurs risques et les moyens de les gérer ».

Les assureurs se disent régulièrement contraints de répercuter dans leurs tarifs la hausse des coûts des sinistres auxquels ils font face, notamment à cause de l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des catastrophes naturelles, renforcées par le dérèglement climatique.

Les sinistres en question sont principalement couverts par les assurances multirisques habitation (MRH) et dans une moindre mesure les assurances automobile.

Mais leurs résultats financiers pour l'année 2025 présentés en début d'année, montrent que ces hausses de tarifs se répercutent aussi dans les hausses des bénéfices nets.

M. Faugère a également alerté sur les unités de compte (UC), des produits financiers commercialisés par les banques et les compagnies d'assurance au travers des contrats d'assurance vie, composées de produits dits structurés (des placements dont la valeur dépend de l'évolution d'un actif financier sous-jacent).

Ces placements représentent 40% du flux actuel d'argent que les épargnants placent en UC.

« Je souligne dès à présent que le niveau de risque associé en ces temps de grande volatilité sur les marchés justifie la vigilance », a-t-il déclaré.

« Ces produits complexes, et souvent très chargés en frais, ne conviennent pas à toutes les clientèles. Les risques qu'ils comportent peuvent en particulier se matérialiser s'il se produit une correction sur les marchés ».

En matière d'épargne, M. Faugère a enfin taclé les produits d'assurance vie luxembourgeois, qui intéressent une clientèle fortunée en mettant en avant un cadre juridique plus protecteur en France.