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Comment les banques financent-elles les entreprises innovantes ?

Myriam Beque (BNP Paribas)

Financer l’économie réelle, c’est depuis toujours un des principaux métiers des banques. Comment ont-elles adapté leurs pratiques aux besoins spécifiques des jeunes entreprises innovantes, à fort potentiel de croissance mais aussi de risque d’échec ? Exemple avec BNP Paribas, dont la responsable de l’innovation, Myriam Beque, a bien voulu répondre à nos questions.

Myriam Beque, BNP Paribas a une longue expérience dans le financement des entreprises. A-t-elle su s’adapter à l’émergence des startups technologiques, très innovantes mais à fort profil de risque ?

« Oui. Depuis 2012, BNP Paribas a créé des Pôles Innovation, qui sont aujourd’hui au nombre de 15, répartis sur tout le territoire. L’objectif de ces pôles est de réduire la distance entre le monde bancaire et les startups. Nous avons ainsi installé des chargés d’affaires dédiés aux entreprises innovantes, dotés d’une connaissance pointue des écosystèmes locaux de l’innovation, afin de répondre à leurs besoins spécifiques. Exemple : comment faire pour effectuer des paiements en yuans quand on est une jeune entreprise qui travaille avec la Chine ? L’enjeu pour nous est d’intégrer et de travailler avec cet écosystème de l’innovation : cela nous aide à mieux comprendre un business model, et de fait à trouver des modes de financement. »

A quel stade de développement des startups BNP Paribas intervient-elle, en matière de financement ?

« Le financement de fonds propres d’une startup n’est pas le métier d’une banque traditionnelle, mais celui du capital-investissement. BNP Paribas investit néanmoins dans des fonds d’amorçage, à hauteur de 15 millions d’euros dans 11 fonds présents partout en France. Dans un deuxième temps, une fois que l’entreprise dispose de fonds propres, nous sommes là pour l’accompagner et travailler sur ses besoins : avances sur subvention, leasing, etc. »

En quoi consiste l’initiative « Innov&Connect », qui sera lancée au 1er trimestre 2015 ?

« Innov&Connect est le premier programme bancaire en France dédié à l’innovation. Il s’agit de connecter les entreprises de taille intermédiaire (ETI), dont les trois quarts sont clientes de BNP Paribas, et les startups dans une démarche de co-construction. D’un côté, les ETI ont en effet un besoin important d’innover pour rester compétitives ; de l’autre, les startups ont elles besoin de clients pour atteindre la maturité et passer un cap en termes de chiffre d’affaires. Deux lieux libellés WAI - pour We Are Innovation - sont en cours de création : le premier, à Paris, proposera aux startups sélectionnées sur la base des besoins des ETI une phase d’accélération intensive, de 4 à 6 mois ; le second, à Massy-Saclay, permettra d’accueillir ces jeunes pousses sur 18 à 24 mois, pendant leur phase de lancement commercial »

Comme toute entreprise, BNP Paribas aussi doit innover pour rester dans la course. Cet activisme en faveur des startups est-il aussi une manière d’exercer une veille sur les FinTechs, ces jeunes pousses du secteur bancaire et financier ?

« Si ce n’est pas l’objectif initial, ces dispositifs permettent en effet à BNP Paribas de détecter des opportunités, et pas seulement dans le domaine bancaire. C’est le cas par exemple pour le crowdfunding [ou financement participatif, NDLR] : de nombreux projets émergent depuis au moins deux ans. Nous nous sommes posé la question : comment on participe à cette éclosion ? Quel rôle peut avoir la banque dans cet écosystème ? Cette réflexion a par exemple abouti en 2013 à un partenariat avec le site Ulule (1). »

(1) Ulule.com est un site de crowdfunding fonctionnant sur le principe du don. Il revendique le financement de plus de 6.500 projets depuis son lancement, en octobre 2010.

La Société Générale investit aussi dans l'innovation

Autre acteur important du financement de l’économie, la Société Générale multiplie également les initiatives dans le domaine de l’innovation. « Le groupe met en place des partenariats avec des startups, comme par exemple avec Paris Région Lab [incubateur financé par la mairie de Paris et la région Ile-de-France, NDLR] ou encore l’Institut Open Innovation, dont Société Générale est membre fondateur et qui vise depuis 2014 à mieux rapprocher les startups et les grands groupes », explique la communication de la SocGen.

« Par ailleurs, plusieurs des collaborateurs du groupe, spécialistes des nouvelles technologies, experts en investissements et analystes financiers se sont intégrés durablement dans les écosystèmes d’innovation dans le monde, plus particulièrement dans les pays où le groupe opère (…). Cela contribue à faire grandir notre propre écosystème d’innovation et identifier les meilleures technologies afin d’en faire bénéficier nos lignes métiers et notre IT. »

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© cbanque.com / Propos recueillis par VM / Novembre 2014

https://www.moneyvox.fr/actu/MoneyVox
Commentaires
Publié le 28 novembre 2014 à 12h21 - #1Sylvain

C'est si compliqué pour une banque Française de faire des échanges financiers dans une devise étrangère à l'ère du 100% électronique ? Je paie mon fournisseur Chinois en Yuans, ça me coute 2% de commission. En revanche, mon fournisseur Chinois peut régler en Euros, Dollars, Yens , Yuans sans aucune commission. A vrai dire, même sa carte bancaire personnelle (gratuite) le permet. Pourquoi une telle différence dans une banque française ?

C'est intéressant de lire qu'une banque n'a pas vocation à prêter de l'argent à une société qui en a besoin, mais à celles qui n'en ont pas besoin (ce qui est de plus en plus le cas pour les particuliers au demeurant), on le sait déjà mais ici c'est assumé BNP Paribas "Le financement de fonds propres d’une startup n’est pas le métier d’une banque". Cela explique pourquoi les entrepreneurs français ne poussent même plus la porte de leur banque.

Le crowdfunding n'est pas une alternative aux banques, c'est un remplacement

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