En tenant compte de l'augmentation spontanée de certaines dépenses (prestations sociales, dépenses supplémentaires liées au vieillissement de la population etc...), la trajectoire des finances publiques françaises deviendrait « non soutenable » à horizon 2050, avertit le HCSP.

Le ratio de dette par rapport à la richesse créée (le Produit intérieur brut) atteindrait 186% du PIB en 2050, et autour de 140% du PIB à horizon 2035. « Ce sont des chiffres extrêmement élevés et évidemment extrêmement préoccupants », a estimé le Haut-commissaire à la stratégie et au plan, Clément Beaune, à l'occasion d'une présentation de la note à la presse.

Cet appel à des économies massives fait écho aux conclusions d'une mission confiée par le gouvernement à plusieurs économistes. Dans leurs travaux dévoilés la veille, ces derniers préconisent notamment un effort important pour tenter de stabiliser le taux de dette, sans exclure l'hypothèse d'une « année blanche ». Cela consisterait à reconduire à l'identique les montants des dépenses de l'année précédente, et comprend notamment le gel du barème de l'impôt sur le revenu, des pensions de retraite et autres prestations sociales, qui ne seraient pas ajustées au rythme de l'inflation.

Plusieurs scénarios d'évolution

Alors que les discussions autour du budget 2027 vont s'intensifier dans les prochaines semaines, le gouvernement a d'ores et déjà annoncé vouloir limiter à 0,4% la hausse des dépenses des ministères en 2027 (hors dette et armée), soit un seuil limite pour la hausse de leurs crédits fixé à 1,5 milliard d'euros.

Le Haut-commissariat au plan s'est basé sur plusieurs scénarios d'évolution spontanée des dépenses (dite « tendancielle »), en tenant compte notamment de la démographie, des engagements des lois de programmation militaire, des conséquences du changement climatique...

La charge d'intérêt est la principale cause du déficit et du creusement de la dette, avec des conséquences sur les marges de manœuvres budgétaires. Selon le HSCP, le redressement nécessitera de conjuguer plusieurs leviers, qu'il s'agisse de baisses de dépenses ou d'augmentation des recettes.

Quelle que soit l'option retenue, l'ampleur et la rapidité des efforts à réaliser pourrait « affecter la croissance voire le pacte social de façon fortement négative », selon les auteurs de cette note. Concrètement, les ajustements préconisés d'ici 2031 par une hausse de recette ou une baisse de dépense conduiraient à une perte de PIB de 2% à 2,5%.