Cet indicateur de la pauvreté, qui repose sur le renoncement des ménages à plusieurs produits et services jugés « souhaitables » dans la vie quotidienne, atteignait 12,7% début 2024, précise l'Institut national de la statistique et des études économiques. Il reste ancré « depuis quatre ans à un niveau élevé ».

Contrairement au taux de pauvreté monétaire basé sur les revenus des ménages, le taux de privation repose sur une série de renoncements à des dépenses liées à la vie courante, comme se chauffer correctement, manger de la viande ou du poisson tous les deux jours, ou parvenir à payer à temps son loyer et ses factures.

Si un ménage cumule au moins cinq de ces renoncements parmi une liste de 13, il se trouve en situation de « privation matérielle et sociale ».

Dans le détail, l'Insee relève une forte hausse ces dernières années du nombre de ménages qui renoncent à consommer des protéines lors de leurs repas : ils sont 11,2% dans ce cas en 2025, contre 7,3% en 2020.

De même, le nombre de personnes dans l'incapacité financière de chauffer leur logement est « bien plus élevé » à présent : 11,4% de la population est concernée en 2025, contre 6,7% en 2020.

Par ailleurs, 22,2% des personnes déclarent ne pas avoir les moyens financiers de prendre au moins une semaine de vacances par an, un taux à peu près stable.

La privation matérielle touche « nettement plus » les personnes au chômage que les personnes en emploi ou à la retraite : 35% des chômeurs sont dans cette situation, contre 9% des personnes en emploi et 9% des retraités.

Certaines familles sont aussi particulièrement concernées par cette forme de pauvreté: 30% des familles monoparentales et 20% des couples avec au moins trois enfants, contre seulement 8% des couples avec un ou deux enfants.