A la veille d'une réunion avec Emmanuel Macron, les responsables du Modem à l'Assemblée nationale ont à nouveau jugé mardi « inenvisageable » l'hypothèse d'une réforme des retraites par un amendement au budget de la Sécurité sociale, mais ne voteront pas une motion de censure.

"Des amendements traitant de réforme globale des retraites, c'est inenvisageable", a insisté le patron des députés centriste Jean-Paul Mattei, assurant que "tout le monde est d'accord" parmi les députés Modem.

Le député a notamment fait valoir qu'une réforme des retraites n'était "pas qu'une réforme comptable" mais aussi "une réforme de société", nécessitant un échange avec les partenaires sociaux puis un large débat au Parlement.

Le Modem voterait donc contre une réforme via un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), mais le parti n'irait "bien évidemment" pas "jusqu'à un vote d'une motion de censure" contre le gouvernement, a dit M. Mattei, devant la presse. "On est quand même des membres de la majorité, nous sommes des gens responsables".

Mise en garde contre un passage en force

Confirmant l'opposition frontale du parti de François Bayrou à tout "passage en force" sur ce dossier, le député Modem Bruno Millienne, porte-parole du groupe à l'Assemblée nationale, a lui aussi fustigé un éventuel "amendement purement budgétaire".

"On ne peut pas être réélu sur une promesse de changement de méthode et passer en force sur - moi je le dis, j'ai pas peur de le dire, même si je fais partie de la majorité - un amendement qui est un amendement purement budgétaire, paramétrique, pour pouvoir dégager de l'argent tout de suite pour pouvoir aider au financement de certaines augmentations de certains ministères comme l'Éducation nationale", a déclaré M. Millienne à RFI.

"C'est pas une réforme des retraites, à ce moment-là, qu'on dise la vérité aux gens, qu'on dise : +Voilà, vous allez travailler plus longtemps pour qu'on donne plus d'argent aux autres+", a-t-il ajouté.

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Les deux têtes de l'exécutif doivent discuter mercredi soir avec les responsables de la majorité (les chefs de groupes et les chefs de partis, selon des participants) et les ministres concernés de la possibilité de faire adopter cette réforme, une promesse de campagne du président Emmanuel Macron, par le biais d'un amendement au PLFSS ou un texte dédié.

"Ça va dans le bon sens qu'on ait des moments d'échange avec le président de la République a dit M. Mattei, se disant "certain" que ce rendez-vous "sera très constructif".

Dimanche, en clôture des universités d'été du parti à Guidel (Morbihan), François Bayrou a insisté : "On n'est pas aux pièces". "Prendre trois ou quatre mois pour réfléchir ensemble et mettre sur la table des options et des propositions, je pense que cela serait bon, pas seulement pour la paix civile - ça compte - mais pour la réforme elle-même", avait-il argumenté.