Revenu citoyen, bouclier logement, garantie d'autonomie... A quelques semaines de l'élection présidentielle, les candidats multiplient les propositions pour réformer le système de protection sociale français. Entre coups de rabot et gestes généreux, découvrez ce qui pourrait vous attendre en 2022.

Les dépenses de protection sociale pèsent près d'un tiers du PIB français (31%), selon les estimations de l'OCDE, loin devant la moyenne des autres pays développés (20%). Sans surprise, elles occupent par conséquent une place de choix dans le programme des candidats à l'Elysée.

Le RSA fait débat

Revalorisation pour les uns, durcissement des conditions d'accès pour les autres... A l'approche de l'élection présidentielle, le Revenu de solidarité active (RSA) divise les candidats. Jean Lassalle et Fabien Roussel souhaitent étendre le dispositif aux moins de 25 ans, tandis que Yannick Jadot envisage de le transformer en un « revenu citoyen », versé à partir de 18 ans afin de garantir à chacun un minimum de 920 euros par mois. « Je veux à travers cette mesure, offrir à toutes et à tous, les moyens d'une vie digne, les moyens de choisir sa vie », a déclaré le candidat d'Europe Ecologie Les Verts.

A l'inverse, plusieurs candidats prévoient de durcir les conditions d'éligibilité au RSA. Nicolas Dupont-Aignan souhaite par exemple que les bénéficiaires du RSA consacrent une journée par semaine à des travaux d'intérêts généraux. Selon les informations du Point, le candidat Macron pourrait, lui aussi, conditionner l'obtention du RSA à un minimum d'activité, en demandant à chaque allocataire de se former ou de travailler davantage pour percevoir cette prestation sociale.

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Revaloriser les aides au logement

Les candidats multiplient également les propositions pour faciliter l'accès au logement. A gauche, plusieurs candidats plaident pour une hausse des Aides personnelles au logement (APL). Après plusieurs années de gel, le montant des APL avait finalement été revalorisé de 0,42% au deuxième trimestre 2021, soit une hausse de 88 centimes d'euro pour une aide moyenne de 210 euros par mois. Insuffisant, estime Jean-Luc Mélenchon. « Au total 4,2 milliards de rabot sur les APL depuis Macron », a-t-il écrit sur Twitter, avant d'ajouter que « depuis le début de Macron, LFI dénonce la violence de la baisse des APL. 46% y ont perdu et d'abord des plus pauvres ».

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Au micro de France Info, Fabien Roussel a, quant à lui, défendu sa proposition de limiter la part des loyers à 20% des ressources des ménages. Enfin, Anne Hidalgo promet un « bouclier logement » sous la forme d'une « allocation logement complémentaire » afin qu'aucun ménage ne soit contraint de « dépenser plus du tiers de ses revenus pour se loger ».

Unanimité pour l'Allocation adulte handicapé

Si les douze candidats peinent à trouver un accord sur le RSA, l'Allocation adulte handicapé (AAH) fait en revanche l'unanimité. Tous s'accordent pour revoir le mode de calcul de cette allocation afin que les ressources du conjoint ne soient plus prises en compte. Réclamée par de nombreuses associations, la déconjugalisation de l'AAH avait fait l'objet d'une pétition sur le site du Sénat. Le document, initié en septembre 2020, avait recueilli plus de 100 000 signatures.

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L'AAH a été revalorisée pendant le quinquennat pour atteindre 900 euros par mois. Certains candidats estiment toutefois que ce montant ne suffit pas, à l'image de Nicolas Dupont-Aignan, qui souhaite augmenter son montant de 160 euros, pour atteindre le seuil de pauvreté de 1 060 euros. Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, envisage de rehausser l'AAH « au niveau du SMIC » pour les personnes qui ne peuvent pas travailler.

Promesses en pagaille

Au-delà de leurs projets pour les aides existantes, certains candidats rivalisent de créativité pour imaginer de nouvelles aides. Marine Le Pen promet par exemple un chèque-formation mensuel de 200 à 300 euros pour les apprentis et les alternants. Pour redynamiser les campagnes françaises, le candidat Zemmour évoque une prime de 10 000 euros à la naissance de chaque enfant dont la famille est domiciliée dans un territoire rural depuis au moins deux ans. Valérie Pécresse, quant à elle, souhaite que le versement des allocations familiales se fasse dès le premier enfant, sans conditions de ressources.

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A gauche, Anne Hidalgo promet que « toute famille aura droit à une place en accueil collectif et, à défaut, recevra une aide financière pour compenser le coût d'une garde à domicile ou par un assistant maternel ». Face aux difficultés des étudiants, Jean-Luc Mélenchon promet de son côté une « garantie d'autonomie » de 1 063 euros par mois. Fabien Roussel annonce, quant à lui, la gratuité des protections hygiéniques, avec la mise en place de distributeurs financés par l'Etat pour lutter contre la précarité menstruelle.

Le non-recours et la fraude sociale divisent

Sur la question de la distribution des aides, les candidats avancent également en ordre dispersé. Certains entendent éradiquer le non-recours, c'est-à-dire le fait de ne pas réclamer une aide sociale à laquelle vous avez pourtant le droit. Chaque année, plus de 10 milliards d'euros d'aides sociales ne seraient pas réclamés par leur potentiel bénéficiaire, d'après une étude de la plateforme Mes-allocs.fr. Les raisons ? « La complexité des démarches administratives, la peur d'être stigmatisé ou, tout simplement, une méconnaissance des dispositifs existants », explique Joseph Terzikhan, fondateur de Mes-allocs.fr.

Pour mettre un terme au non-recours aux prestations sociales, les candidats Mélenchon et Macron proposent d'automatiser le versement de toutes les aides sociales. « De la même manière que nous avons su faire le prélèvement à la source, il convient de faire le versement à la source », a affirmé Richard Ferrand, récemment nommé à la tête du comité de campagne du président sortant, devant les caméras de l'émission C à vous. La solution, préconisée par le Secours Catholique ainsi que plusieurs autres associations, figurait déjà parmi les propositions d'Emmanuel Macron en avril 2017.

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Pour d'autres, priorité à la répression de la fraude aux aides sociales. A l'extrême droite, Marine Le Pen propose ainsi de créer un ministère de la lutte contre les fraudes, aussi bien fiscales que sociales. Dans la même veine, Eric Zemmour promet de mettre en place une brigade nationale consacrée à la lutte contre la fraude et directement rattachée au ministère du Budget. Le candidat du parti Reconquête envisage en outre de suspendre les aides sociales pendant 5 ans pour tous les fraudeurs récidivistes, et de supprimer toutes les aides sociales non-contributives (allocations familiales, aides au logement, RSA, minimum vieillesse...) pour les étrangers extra-européens.

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