La fin des déficits s'éloigne encore pour le système de retraite, plombé par le Covid-19, avec un retour à l'équilibre financier projeté en 2045 dans le meilleur des cas, selon le rapport annuel du Conseil d'orientation des retraites, dont l'AFP a obtenu copie mardi.

L'horizon n'en finit plus de reculer pour le système de retraite français et le coronavirus n'arrange rien à l'affaire : en 2 ans, la perspective d'une sortie des déficits est passée de 2036 à 2042, et désormais 2045. Et encore, cela supposerait une improbable hausse de la productivité de 1,8% par an. Avec un taux - toujours très optimiste - de 1,5%, il faudrait attendre 2053. En deçà, le système « resterait durablement en besoin de financement », au moins jusqu'en 2070.

Ces projections dites « conventionnelles » n'ont toutefois pas valeur de prédiction : établies « à législation constante » et à partir d'hypothèses mouvantes (démographie, emploi, croissance...), elles sont en outre soumises cette année à de « forts aléas » à court terme, en raison de la crise sanitaire. Le COR n'a en effet pas pris en compte les effets de la deuxième vague épidémique et du reconfinement. Sa prévision pour 2020, légèrement meilleure qu'en octobre, avec une perte globale ramenée de 25,4 à 23,4 milliards d'euros, est ainsi basée sur un déficit public de 10% du PIB.

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Or, Bercy table à présent sur une récession de 11,3% du PIB. Le rapport précise néanmoins qu'avec un recul de 11%, « le solde du système de retraite pourrait se dégrader de 1,6 milliard d'euros environ ». Dans ces circonstances, atteindre l'équilibre des comptes en 2030 supposerait des efforts considérables : dans tous les scénarios, par rapport à ce qui est déjà attendu, il faudrait soit baisser de 3 points la pension moyenne (rapportée au salaire moyen), soit augmenter de 2 points le taux de prélèvement, soit reporter d'un an l'âge moyen de départ, qui dépasserait alors 64 ans.