Ambitieux dans leurs objectifs d’épargne, frileux dans leurs choix de placement : en matière de préparation de retraite, les épargnants français nagent en pleine contradiction, selon une étude (1) publiée par Natixis Global Asset Management.

Conscients de l’importance de préparer leurs vieux jours, mais démunis sur les moyens d’y parvenir : c’est le paradoxe de l’investisseur particulier français tel que le décrit Natixis Global Asset Management dans sa première étude annuelle sur la question.

La préparation de leur retraite est une priorité pour 72% des épargnants interrogés - 64% s’y attellent déjà. Une nette majorité d’entre eux (69%) anticipent en effet que la pension issue du système par répartition ne suffira pas à maintenir leur niveau de vie : la moitié d’entre eux estiment qu’ils auront besoin d’au moins 1.000 euros de plus par mois pour conserver leur confort actuel. Leur objectif d’épargne est donc ambitieux : trois quarts des Français interrogés comptent mettre de côté au moins 100.000 euros.

Une « non-maîtrise des sujets financiers et d’épargne »

Comment s’y prennent-ils ? C’est là que le bât blesse, selon Natixis. Les investisseurs particuliers privilégient en effet les placements les plus sûrs comme les livrets d’épargne (à 41%) ou l’assurance-vie (24%), au détriment du PERP (14%), de l’immobilier locatif (12%) et surtout des placements financiers et boursiers (3%). Des « stratégies très sécuritaires » difficilement conciliables avec leurs objectifs, estime Natixis.

Le traumatisme de la crise financière de 2008 et le contexte économique toujours incertain expliquent pour partie ce paradoxe. Mais l’étude pointe également une « forte méconnaissance des solutions d’épargne ». Persuadés, à 90%, que « leurs placements correspondent bien à leurs objectifs d’investissement », 82% des investisseurs interrogés admettent aussi leur « non-maîtrise des sujets financiers et d’épargne ».

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Ils ont par exemple du mal à juger de la rentabilité relative des placements les uns par rapport aux autres : ils placent ainsi en tête de leur palmarès des placements les plus rémunérateurs l’assurance-vie en euros (2,80% de rendement moyen en 2013, selon l’autorité de régulation du secteur financier) devant le CAC 40 (+18% en 2013), qui se retrouve à égalité avec le PEL (2,5%). Ils connaissent également très mal le régime fiscal des différents supports d’épargne, alors même que l’avantage fiscal est, pour 69% d’entre eux, un critère majeur de choix.

(1) Etude réalisée du 7 au 13 juillet par CoreData pour Natixis Global Asset Management auprès de 984 investisseurs particuliers français disposant d’un patrimoine financier détenu en banque, compris entre 75.000 et 300.000 euros.