La présidente du Medef Laurence Parisot demande au gouvernement des « consultations étendues » sur le futur décret autorisant un départ à la retraite à 60 ans pour certains salariés ayant commencé à travailler tôt.

Ce décret, promis par le nouveau gouvernement, doit permettre aux personnes ayant commencé à travailler dès 18 ou 19 ans et ayant cotisé 41 ans, de partir en retraite à 60 ans à taux plein. Mais selon Laurence Parisot, cette décision « nécessite des consultations plus étendues ». La patronne des patrons, qui a déjà pris contact avec la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine, a également « un rendez-vous prochain » avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

La présidente du Medef demande si « dans le calcul sont pris en compte uniquement les trimestres cotisés ou, comme certains le demandent, des trimestres validés » (intégrant les congés maternité, périodes de chômage etc.). « L'impact financier n'est tout simplement pas le même », rappelle-t-elle. Elle demande aussi si « les fonctionnaires sont également concernés » et « dans ce cas quel est l'impact financier ».

Ce décret, souligne Laurence Parisot, va s'inscrire « dans la logique des carrières longues » et « cela voudrait dire que le nouveau dispositif serait immédiatement et obligatoirement applicable aux régimes Agirc et Arcco » de retraite complémentaire. Ces régimes, en particulier l'Agirc, ne seraient « pas à même de supporter un tel choc », selon elle.

Quels effets sur la réforme 2010 ?

Selon le Medef, l'impact de ce décret « pour les régimes complémentaires serait de 2 milliards d'euros par an à partir de 2017 ». Il serait aussi « d'au minimum 5 milliards par an à partir de 2017 pour le régime général » sans compter le « chiffrage pour la fonction publique ». « On est déjà dans des ordres de grandeur considérables qui pourraient annuler en partie l'effet de la réforme des retraites de 2010 » que le Medef « défend », souligne-t-elle.

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Laurence Parisot prévient que si l'Agirc et l'Arcco devaient financer ce surplus, le Medef serait « amené à poser des questions importantes et très structurelles sur ce que nous voulons faire de ces régimes ». « Dans cette hypothèse, l'Agirc n'a plus les moyens de se financer dès horizon 2014, ce qui va nous obliger à être imaginatifs », a-t-elle dit sans plus de précision.

La présidente du Medef a prévenu aussi que les employeurs ne peuvent « pas accepter d'augmentation de cotisations » et que celle déjà prévue (+0,1 point) « est à la limite du supportable ».