Le ministre du Travail, Eric Woerth, a annoncé jeudi matin au Sénat le dépôt de deux amendements au projet de loi de réforme des retraites, permettant à certaines mères de 3 enfants et parents d'enfants handicapés de bénéficier d'une retraite sans décote maintenue à 65 ans.

« Le premier amendement que je vous présente permet à ces mères de 3 enfants et plus, nées entre 1951 -première génération concernée par la réforme- et 1955 de continuer à bénéficier d'une retraite sans décote à 65 ans, sous réserve de s'être arrêtées pour élever un enfant », a déclaré le ministre aux sénateurs.

« Le deuxième amendement que je vous présente maintient à 65 ans l'âge d'annulation de la décote pour les parents d'enfants lourdement handicapés qui ont besoin d'une présence auprès d'eux », a-t-il ajouté.

Ces déclarations ont provoqué une avalanche de vives réactions sur les bancs de la gauche. Ce ne sont « pas des avancées mais le maintien de dispositions qui existent déjà », a lancé Christiane Demontès (PS). « Vous théâtralisez les débats » a renchéri le président du groupe PS, Jean-Pierre Bel, demandant une suspension de séance « pour examiner ces amendements ». « Vous êtes le ministre de la réclame, vous nous avez fait un spot publicitaire pour les ménagères de 55 à 60 ans », a pesté Jean Desessard (Verts). « Vous avez peur du mouvement social, de son ampleur, de sa radicalisation », a renchéri Jean-Pierre Caffet (PS).

En revanche le président du groupe Union Centriste, Nicolas About, a déclaré qu'il était « très heureux que le gouvernement annonce retenir les propositions » de son groupe. L'UC, arbitre de la majorité --l'UMP n'ayant pas la majorité absolue-- a déposé des amendements à peu près similaires.

3,4 milliards sur onze ans

Pour financer ces mesures « dont le coût cumulé est de 3,4 milliards d'euros d'ici 2022 », Eric Woerth a évoqué « deux nouvelles recettes », « d'un rendement total de 340 millions d'euros » par an, qui seront proposées dans les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale pour 2011 (PLF et PLFSS). Celles-ci seront « hors bouclier fiscal, comme les autres mesures destinées au financement de la réforme des retraites », a insisté l'Elysée dans un communiqué.

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« Les prélèvements sociaux sur les revenus du capital seront augmentés de 0,2% », a détaillé le ministre du Travail, précisant qu'il s'agit de « l'ensemble des revenus de placement et du patrimoine, par exemple sur les dividendes ». Ceci « rapportera 60% du besoin de financement de cette mesure pour les mères, soit 200 millions d'euros ». Le complément « reposera sur l'alignement du taux des prélèvements forfaitaires sur les plus-values immobilières sur celui des prélèvements sur les autres revenus du capital ». Eric Woerth a également précisé que « ces prélèvement ne concernent que les résidences secondaires qui sont revendues après une courte durée de détention », évaluant son rendement à « 140 millions d'euros ».