Rendues publiques hier soir, les contre-propositions du Parti socialiste pour financer les retraites ont suscité la réaction d’Eric Woerth, qui estime qu’elles reviennent à créer une « bombe fiscale ».

Sur France Info, le ministre du travail a estimé que « la proposition du parti socialiste est un choc fiscal sans précédent, c'est 20, 30, 40 milliards d'euros de fiscalité et de cotisations en plus (...) ».

Selon lui, les sources de financement imaginées par le PS « sont des recettes virtuelles, car ce n'est tout simplement pas possible d'imposer à la société française un tel choc fiscal » sans toucher l'emploi et le pouvoir d'achat.

Qualifiant les chiffres présentés par le PS de « fantaisistes », Eric Woerth est également sceptique sur l’opportunité de puiser dans l'impôt sur les sociétés des banques : « Ce n'est pas une recette stable » et « ce sont les Français qui paieront puisque les banques leur refactureront ».

Aubry : l’équilibre possible en 2025

Hier soir mardi, le Parti Socialiste avait présenté, par la voix de sa première secrétaire Martine Aubry, des contre-propositions chiffrées. Parmi les idées retenues et compilées dans un texte de huit pages figurent une surtaxe de 15% de l’impôt sur les sociétés acquitté par les banques, des mesures de taxation des revenus du capital, et une « augmentation modérée et étalée dans le temps des cotisations salariales et patronales à partir de 2012. »

Tout en rejetant « de toutes nos forces » l’idée d’un report de l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 60 ans, le PS a également insisté sur l’emploi des seniors, prônant «une pénalité dissuasive» pour les entreprises réfractaires. Le PS veut aller vers un système de « retraite choisie », « avec notamment la création d'un “compte temps“ pour les nouvelles générations, décloisonnant formation, travail, retraite et, pour inciter à travailler plus longtemps, une surcote renforcée. »

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Selon Martine Aubry, l'ensemble des mesures préconisées par le PS permettrait d'atteindre l'équilibre du système, qui nécessite 45 milliards d'euros, à l'horizon 2025. En attendant, le PS ne prévoit pas d’allongement de la durée de cotisation, mais se dit prêt « si nécessaire » à réexaminer ce point en 2020.