Le délai imposé par le gouvernement pour discuter de la réforme des retraites est "trop serré" pour envisager de modifier le mode de calcul des pensions pour les fonctionnaires, basé sur les six derniers mois de salaires, a affirmé jeudi Brigitte Jumel (CFDT).

Mme Jumel était la dernière responsable syndicale de la Fonction publique à être reçue dans le cadre de la consultation sur les retraites entamée par le ministre du Travail Eric Woerth et son secrétaire d'Etat George Tron, après l'Unsa, la FSU et la CGC.

Quatre autres organisations syndicales (CGT, FO, CFTC et Solidaires) seront reçues lundi et mardi prochain.

« Pour nous la règle des six mois, c'est non. On n'y touche pas dans les conditions dans lesquelles on veut nous la proposer », a-t-elle affirmé. « On ne touche pas à la règle des six mois si on doit uniquement en modifier la configuration dans un délai aussi rapproché ».

« Si on doit parler d'une modification du mode de calcul des retraites dans la Fonction publique, on le fait sur la base d'un diagnostic complet et en prenant en compte l'ensemble des éléments de la rémunération, mais pas en deux mois », a ajouté Mme Jumel, dénonçant un « calendrier précipité ».

Le fonctionnaire a « des primes et des indemnités qui en moyenne représentent 24%, mais ça peut varier entre 15-20% et 40 à 50% », a-t-elle dit.

Ces primes ne sont pas prises en compte dans le calcul des retraites, et « il y a une vraie perte, qui n'est pas compensée par la mise en place du régime additionnel mis en place en 2003 », a encore souligné Mme Jumel.

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« Le délai est toujours aussi serré. Les sujets que propose le ministre à la concertation ont de l'intérêt, la pénibilité, l'emploi des seniors dans la Fonction publique, les droits familiaux, mais pas dans les délais dans lesquels il nous contraint », a-t-elle affirmé. « En deux mois on ne fera pas le tour de la question ».

Interrogé sur les propos du leader de la CFDT François Chérèque qui s'était prononcé pour un rapprochement « à terme » du public et du privé, Mme Jumel a précisé qu'on « peut dire qu'on n'est pas hostile à ce qu'on traite les inégalités dans le public et dans le privé, sans pour autant dire qu'on veut toucher à la règle de calcul ».

« La règle de calcul n'est pas en soi un élément d'inégalité. Il y a des règles de calcul différentes », a-t-elle insisté.