1 - Un gel (ou une sous-indexation) partiel des pensions de base
Les petites retraites seront préservées. Si vous touchez moins de 1 260 euros, toutes caisses confondues (base et complémentaire), votre pension de base va progresser selon la formule réglementaire. Ce qui devrait probablement aboutir à une hausse de 1,7% en janvier selon les calculs de MoneyVox. L'Aspa, l'ex minimum vieillesse, de 1 043,59 euros actuellement, va lui aussi être revalorisé selon sa formule traditionnelle, a promis le gouvernement.
Retraite minimum : fonctionnement du minimum contributif
En revanche, pour tous les retraités gagnant plus de 1 260 euros par mois, en cumulé (et probablement en brut même si le gouvernement ne l'a pas précisé), vous pouvez d'ores et déjà anticiper une sous-indexation, c'est-à-dire une hausse inférieure au pourcentage réglementaire de 1,7%.
Et au-dessus de 2 000 euros, tout cumulé, un gel de la pension en 2027, avec un maintien au même niveau de la pension de base qu'en 2026, est envisageable.
« Revalorisées à hauteur de la moitié de l'inflation pour celles dont le montant total de pensions varie entre 1 260 euros et 2 000 euros »
Le projet de loi renvoie à un texte réglementaire (arrêté ou décret) pour fixer les sous-indexations. Le gain financier pour l'Etat reste donc à déterminer mais l'étude d'impact du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) livre un gros indice en souhaitant une illustration indicative : « En considérant, à titre illustratif, que les pensions seraient revalorisées par décret comme l'inflation pour les personnes bénéficiant d'un montant total de pensions inférieur à 1 260 euros, revalorisées à hauteur de la moitié de l'inflation pour celles dont le montant total de pensions varie entre 1 260 euros et 2 000 euros et non revalorisées au-delà de ce seuil, le rendement par rapport à l'indexation de l'ensemble des pensions sur l'inflation serait de 3,4 milliards d'euros en 2027 pour l'ensemble des régimes de retraite, nets de l'effet retour CSG et CASA [le gain en CSG est mécaniquement moindre que si les retraites étaient revalorisées, NDLR] ».
Retraites : seuils de 1 260 euros à 2 034 euros, ce qui est prévu pour la hausse de janvier 2027
2 - Le rabot de l'abattement fiscal des retraités
Le gouvernement prévoit dans le projet de loi de finances pour 2027 de réduire le plafond de l'abattement d'impôt sur le revenu pour les bénéficiaires de pensions de retraite à 3 000 euros, contre 4 500 euros environ actuellement.
Quelle conséquence concrète ? Tout dépend de votre niveau de ressources. Ce changement n'affectera pas les retraités déclarant moins de 30 000 euros par an (abattement de moins de 3 000 euros pour le foyer dans ce cas). Les foyers fiscaux déclarant plus de 30 000 euros par an verront, eux, leurs impôts augmenter mécaniquement. Pour rappel, cet abattement est le même pour le foyer, que vous soyez seul ou en couple.
Dans les annexes du budget 2027, qui chiffrent les économies prévisibles, cette évolution est le plus important rabot d'une « niche fiscale » prévu l'an prochain : en 2026 le coût de l'abattement fiscal sur les pensions a culminé à 5 598 millions d'euros... et ce coût tomberait à 4 715 millions d'euros en 2027 si la mesure d'abaissement du plafond est adoptée en l'état. En projetant l'évolution du coût de cet avantage fiscal en 2027, ce sont même 1,1 milliard d'euros d'économies anticipées.
Impôt sur le revenu : le détail du nouveau plafond de l'abattement de 10% des retraités
Impôts des retraités
Budget 2027 : combien payeriez-vous
si le plafond de l'abattement de 10% était abaissé ? *
| Abattement actuel (4528) | -- |
| Abattement plafonné à 3000€ | -- |
* Budget 2027 (estimation) : comparatif entre l'abattement actuel plafonné à 4 528 euros et un abattement dont le plafond serait abaissé à 3 000 euros (abattement par foyer fiscal, le montant est le même que vous soyez seul ou en couple), avec le barème et la décote estimés pour 2027.
3 - Retraites futures : une évolution pour la majoration de 10% pour famille nombreuse
Pas de coupe budgétaire cette fois pour les retraités actuels, mais pour les retraites futures, pour les pensions à liquider à partir du 1er juillet 2027 si le PLFSS est adopté en l'état. La majoration de 10% sera supprimée et remplacée par un autre dispositif : les personnes « ayant eu ou élevé un nombre minimum d'enfants » verront leur pension « majorée d'un montant forfaitaire », pour citer le PLFSS.
Combien, ce montant forfaitaire ? « Les conditions d'ouverture du droit à cette majoration et ses modalités de calcul » seront fixées « par décret ». Une fois les départs à la retraite actés, « ces forfaits seront revalorisés comme les pensions », lit-on en outre dans l'étude d'impact du PLFSS.
De fait, selon l'étude d'impact, cette mesure ne revient pas à effectuer un coup de rabot mais à redistribuer l'avantage de façon plus équitable au bénéfice des femmes, souvent lésées par le système actuel, justifie le gouvernement. L'étude d'impact évoque donc « la neutralité du coût global de la mesure » tout en livrant une petite nuance : « En pratique, les régimes qui versent aujourd'hui des montants élevés de majorations de pensions verraient une réduction de leurs dépenses. C'est notamment le cas pour le SRE, conduisant à une économie pour l'Etat au détriment des autres régimes pris dans leur ensemble. »
Cette mesure doit toutefois être précisée lors des débats puis par voie réglementaire.
Retraite : ce que le gouvernement veut changer pour la majoration de 10% pour famille nombreuse


















