Le rapport, dont les principales conclusions étaient connues depuis quelques jours, « a été adopté ce matin dans une sérénité complète » par la quarantaine de membres du conseil, s'est félicité devant la presse le président du COR, Gilbert Cette, qui avait les années précédentes ferraillé parfois durement avec les syndicats sur la rédaction des conclusions du rapport.
« On ne préconise rien, on ne suggère rien, on présente de façon plate les effets des différents leviers » qui peuvent faire bouger dans un sens ou dans un autre le solde financier du système de retraite, a-t-il indiqué.
Dans le rapport définitivement adopté jeudi matin, le COR prévoit désormais un déficit des retraites de 2,4% du PIB en 2070, une nette hausse par rapport au 1,4% qu'il prévoyait l'an dernier. La dégradation s'explique principalement par la baisse de la natalité française, l'hypothèse de taux de fécondité passant à 1,45 dans l'édition 2026 du rapport, contre 1,8 dans l'édition 2025.
La prévision de revalorisation future des retraites complémentaires Agirc-Arrco a également été revue à la hausse, à la demande des caisses de retraite complémentaires. Mais à moyen terme, le COR a laissé inchangée sa prévision de déficit, celle-ci restant de 0,2% en 2030 et 0,9% du PIB en 2045.
Ni la suspension provisoire de la réforme des retraites décidée l'an dernier, ni les prévisions économiques plus sombres pour les prochaines années ne dégradent le solde, grâce notamment à la révision du solde migratoire (doublé à 150 000 personnes), et à une légère révision à la baisse de l'espérance de vie.
Interrogé sur les conclusions qu'il fallait tirer politiquement de ce nouvel état des lieux, le président du COR a botté en touche : « Chacun en tirera les enseignements qu'il veut, si vous interrogez untel ou untel, vous n'aurez pas les mêmes réponses », a déclaré M. Cette.
Mais il a tout de même ajouté que, selon lui, le rapport démontrait dans ses simulations que certains « leviers » pour équilibrer le système (augmenter les cotisations, peser sur les pensions versées) « appauvrissent le pays et rendent plus difficile le financement des dépenses publiques ». A l'inverse, le recul de l'âge de départ en retraite, « en augmentant l'offre de travail, dynamiserait le produit intérieur brut » et « faciliterait le financement de toutes les autres dépenses publiques, école, santé, défense, culture.... », a-t-il estimé.
Réactions des syndicats
La CGT a, au contraire, « contest(é) toutes les hypothèses qui prétendent que seul le relèvement de l'âge ne serait pas récessif, dangereux économiquement ». « Des solutions sont possibles, qui permettent non seulement de financer le système de retraite, d'abroger la réforme 2023 toujours honnie par 2 Français.es sur 3, et même de rétablir la retraite à 60 ans, avec départs anticipés pour pénibilité », a ajouté le syndicat dans un communiqué.
Le rapport « balaie plusieurs idées reçues et rappelle que notre système de retraite reste solide, notamment grâce à la contribution des travailleurs immigrés », a estimé de son côté le syndicat Unsa. « Il est temps de sortir des discours alarmistes et de construire des solutions durables fondées sur l'emploi, la justice sociale et la cohésion du pays », a estimé le syndicat.
FO, appelant à ne pas suivre « les discours alarmistes », a considéré que ce rapport « confirme que les déséquilibres du système de retraite relèvent d'un problème de financement, et non d'un excès de dépenses ».










