L'Aspa, qui a remplacé le minimum vieillesse en 2006, est une allocation versée à partir de 65 ans, destinée à compléter les pensions des retraités disposant de faibles revenus ou d'aucun revenu, dans la limite de 1.043 euros pour une personne seule et 1.620 euros pour un couple. Elle bénéficie aujourd'hui à près de 750.000 personnes, selon le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou.
Actuellement, l'État récupère les sommes versées au titre de l'Aspa sur la succession des personnes âgées si la valeur nette de leur patrimoine successoral dépasse un certain montant (108.586 euros pour une personne seule en métropole).
Ceci entraîne un fort non-recours, avec plus de 300.000 personnes âgées éligibles qui y renoncent chaque année, selon la rapporteure du texte, la députée Émeline K/Bidi.
Instauration d'un « forfait logement » comme pour le RSA
Le texte adopté jeudi instaure un « forfait logement », à l'image de ce qui existe déjà pour le RSA ou la prime d'activité. Ce forfait logement doit permettre de baisser le montant de l'Aspa pour les retraités propriétaires de leur logement ou hébergés à titre gratuit, et d'annuler dans ce cas la récupération des sommes. Le montant de ce forfait devrait être de quelques dizaines d'euros selon le gouvernement.
La mesure résulte d'un amendement du gouvernement qui a complètement réécrit le texte. Elle aura un coût « neutre » pour les finances publiques, selon M. Farandou.
Dans sa version initiale, la proposition de loi de Mme K/Bidi proposait d'extraire le domicile principal du bénéficiaire du calcul de l'actif net successoral. Un amendement de la rapporteure adopté en commission avait étendu la mesure en supprimant complètement la récupération sur succession des prestations versées au titre de l'Aspa.
Une suppression qui aurait soulevé une question d'équité, mais aussi de coût, l'État récupérant actuellement environ 120 millions d'euros par an sur les allocations versées, selon M. Farandou.
Les députés examinent jeudi les textes de la « niche » GDR, dont une proposition de loi sur la nationalisation d'ArcelorMittal France.













