Les ressources de l'Agirc-Arrco, c'est-à-dire les cotisations versées par les salariés et employeurs, ont atteint 103,3 milliard d'euros (+1,9 milliard par rapport à 2024). Elles progressent, mais moins vite que les années précédentes, sous l'effet d'un « ralentissement de l'économie », notamment de l'inflation, des salaires et des créations d'emploi.
« Il s'agit de chiffres de 2025 », l'inflation ayant depuis « évolué de façon conséquente », a souligné lors d'une conférence de presse la vice-présidente du conseil d'administration et représentante du patronat, Diane Milleron-Deperrois.
Dans le même temps, le total des pensions versées aux 14 millions de retraités affiliés s'est élevé à 100,9 milliards d'euros (+2,8 milliards par rapport à 2024). L'augmentation s'explique par la revalorisation des pensions et une hausse du nombre de retraités.
Des réserves pour un minimum de six mois de versement
Les réserves du régime s'élevaient au 31 décembre à 91,2 milliards d'euros. Elles respectent la « règle d'or », qui impose de conserver suffisamment pour faire face à tout moment à un minimum de six mois de versement des retraites complémentaires.
Ces réserves, c'est aussi « un amortisseur » pour « maintenir une trajectoire stable, en évitant des mesures brutales », a noté Brigitte Pisa, l'autre vice-présidente, qui représente les salariés.
Placées sur les marchés avec des règles « strictes », les réserves ont permis d'engranger 1,1 milliard d'euros supplémentaires, portant le résultat global du régime à +1,4 milliard.
« Nous avons pour les années à venir quelques défis à relever », dont la baisse de la fécondité et l'augmentation du nombre de pensionnés, « qui vivent plus longtemps en bonne santé », a souligné Mme Pisa. Des projections démographiques actualisées devront être « intégrées » lors des prochaines négociations paritaires, a-t-elle dit.
Négociations entre syndicats et patronat
Contrairement à la hausse annuelle des pensions du régime général, qui est normalement indexée sur l'inflation, la revalorisation des pensions complémentaires est déterminée chaque année à l'automne par des négociations entre syndicats et patronat.
Tous les quatre ans, les partenaires sociaux doivent aussi renégocier les règles de pilotage du régime, en garantissant sa soutenabilité sur le long terme. Le dernier accord signé en 2023 couvrait la période 2023-2026. En fin d'année, les partenaires sociaux se retrouveront donc pour paramétrer la période 2027-2030.
La part complémentaire Agirc-Arrco représente entre 30% (pour les plus faibles revenus) et 60% (pour les cadres) de la pension totale des ex-salariés du privé.









