Le déblocage exceptionnel des plans d'épargne salariale faisait partie des coups de pouce de la loi pouvoir d'achat. Résultat ? Un flop. Légèrement plus de 1 milliard d'euros débloqués par les épargnants salariés, ce qui représente uniquement 4% à 5% des sommes éligibles à cette mesure effectivement réclamées par les épargnants.

De la mi-septembre au 31 décembre 2022, dernier délai, les plus de 10 millions d'épargnants salariés pouvaient exceptionnellement débloquer jusqu'à 10 000 euros accumulés sur leur plan d'épargne entreprise (PEE) sans justification. Or, en temps normal, pour débloquer des sommes avant les 5 ans de détention, il faut justifier d'un mariage, d'un achat immobilier, d'une naissance, d'un divorce, etc.

Verdict final ? « entre 4% et 5% » seulement de l'épargne ainsi « déblocable » exceptionnellement en 2022 a été retirée selon l'AFG, le groupement des gestionnaires d'actifs. Autrement dit moins de 5% des versements effectués depuis moins de 5 ans sur des PEE ou plans assimilés a été retiré. L'AFG a ainsi précisé à MoneyVox les informations ayant précédemment filtrées dans Les Echos, par ailleurs confirmées par l'AFG : « les salariés n'ont pioché que 1,1 milliard d'euros dans leur épargne salariale » en 2022 via ce dispositif exceptionnel de déblocage anticipé.

Une somme à mettre en parallèle avec les quasi 160 milliards d'euros d'épargne salariale placés sur toutes les familles de plans (PEE, PER, etc.). Mais seule une partie de ce magot était concerné par le déblocage exceptionnel : l'épargne retraite n'était pas concernée et une large partie des sommes investies en PEE ont dépassé les 5 ans et sont donc déjà déblocables, mesure exceptionnelle ou non.

Nouveau flop d'un déblocage exceptionnel

Ce n'est pas la première fois qu'une telle opération fait flop. En 2013, sous François Hollande, la dernière fenêtre de déblocage exceptionnelle avait permis aux épargnants salariés de retirer 2,2 milliards d'euros, selon l'AFG. Le groupement des gestionnaires d'actifs et teneurs de compte, toujours très réticents à ces mesures de déblocage, n'hésitait pas à l'époque à critiquer ouvertement ce dispositif, en soulignant son « incohérence avec le souhait de développer l'épargne longue ».

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Amundi et Natixis, les deux leaders du secteur, et qui représentent à eux seuls près de 60% de la tenue de compte en épargne salariale confirment le faible attrait des salariés pour le déblocage exceptionnel version 2022. Précisément, à la fin décembre 2022, le groupe Crédit Agricole, leader du marché chapeautant Amundi et CA-Titres, annonçait avoir traité « 84 260 demandes de retraits exceptionnels » pour « un montant moyen de 4 000 euros environ » : « Seuls 2,5% des détenteurs d'épargne salariale (PEE/PEI) ont profité de cette mesure. »

Natixis Interépargne communiquent des données en tous points similaires : « 2,4% du nombre total des épargnants » en ont profité, soit « 5% des épargnants éligibles » à ce déblocage exceptionnel, pourcentage équivalent à celui livré par l'AFG. Montant moyen des sommes débloquées chez Natixis : 4 100 euros, pour 77 343 demandes de déblocage au total.

Loi pouvoir d'achat : le flop du déblocage exceptionnel de l'épargne salariale