Tous les signaux sont au vert pour l’épargne salariale à en croire le communiqué diffusé aujourd’hui par l’Association française de la gestion financière (AFG). Après avoir rebondi en 2012, l’encours a poursuivi sa progression en 2013, tout comme le nombre d'entreprises équipées. L’AFG dresse par ailleurs un bilan sévère du déblocage exceptionnel.

L'épargne salariale est versée par certaines entreprises à leurs salariés, sous la forme d'une prime de participation aux bénéfices, d'une prime d'intéressement, de versement sur un Plan d'épargne entreprise (PEE) ou sur un Plan d'épargne pour la retraite collectif (Perco). Si le nombre de porteurs est resté stable en 2013, à plus de 11 millions de salariés, le nombre d’entreprises équipées et l’encours ont continué de croître, selon les statistiques annuelles de l’AFG. Au 31 décembre 2013, 279.000 entreprises disposent d’un dispositif d’épargne salariale, pour une hausse de 4% par rapport au 31 décembre de l’année précédente.

La hausse de l’encours apparaît bien plus marquée : +10% en un an, pour s’établir à 104,4 milliards d’euros, un nouveau record puisque jamais l’encours n’avait dépassé les 100 milliards, selon l’AFG. L’association, qui représente les professionnels de la gestion de portefeuille pour compte de tiers (1), explique avant tout cette augmentation par « un effet de marché très favorable ». La hausse de l’encours n’est donc pas à mettre au crédit d’un renforcement de l’épargne par les particuliers mais plutôt à la « bonne tenue des marchés actions en 2013 », qui a permis aux épargnants de faire fructifier leurs économies.

Déblocage exceptionnel : 2,2 milliards d’euros

Ainsi, le solde net de souscription est négatif en 2013, à -3,5 milliards d'euros, contre un solde positif de 500 millions d'euros en 2012. L’AFG explique cette différence par « la mesure de déblocage exceptionnel mise en œuvre au 2e semestre » 2013. François Hollande avait annoncé au printemps 2013 que les fonds de participation éligibles au dépôt de l'épargne salariale, normalement indisponibles pendant 5 ans, pourraient être débloqués pendant 6 mois « sans pénalités fiscales » pour être utilisés « jusqu'à 20.000 euros », et ce pour « quelque achat que ce soit ».

Néobanques : les offres les moins chères pour maîtriser votre budget

L’AFG rappelle dans son communiqué qu’elle avait « souligné l'incohérence avec le souhait de développer l'épargne longue et prédit l'inefficacité en matière de soutien à la consommation ». L’association affirme que ces déblocages ont représenté 2,2 milliards d’euros, alors que 10 milliards avaient été évoqués.

Hors dispositif de déblocage exceptionnel, l’AFG relève dans son communiqué que « les deux principaux cas légaux de déblocage anticipé demeurent la cessation du contrat de travail, avec un montant moyen débloqué de près de 4.851 euros pour près de 310.000 salariés, et l’achat de la résidence principale, qui a concerné près de 141.000 foyers en leur permettant de financer leur projet à hauteur de 11.055 euros en moyenne ».

Fonds solidaires et ISR à nouveau en forte hausse

L’association souligne par ailleurs dans son communiqué la très bonne santé de l’investissement socialement responsable (ISR) et de l’épargne solidaire, dans le cadre de l’épargne salariale. Comme en 2012 (+50%), les fonds solidaires ont progressé très fortement en 2013, passant de 2,6 à 3,7 milliards d’euros (+40%). Pour l’ISR, la hausse s’est avérée plus mesurée en 2013 (+10%) qu’en 2012 (+43%) mais l’encours, de 16,1 milliards au 31 décembre dernier, reste très nettement supérieur à celui des fonds solidaires.

(1) Selon les statistiques diffusées aujourd'hui par l'AFG, le groupe Amundi et Natixis Asset Management gèrent à eux deux plus de la moitié du total général des actifs d'épargne salariale.