« Jattire lattention des salariés épargnants sur le fait que détenir un bien en constituant une société civile immobilière (SCI) comporte certes des avantages appréciables, au plan patrimonial, juridique et fiscal, mais quen revanche des inconvénients existent », écrit Marielle Cohen-Branche, médiateur de lAutorité des marchés financiers (AMF), sur son tableau de bord. Parmi eux : limpossibilité de débloquer un plan dépargne salariale, quil sagisse dun PEE ou dun Perco, une faculté de déblocage anticipée qui est réservée aux personnes physiques.
Marielle Cohen-Branche détaille le cas dune épargnante sétant renseigné sur le déblocage de son plan en août 2017, au motif de travaux dagrandissement de sa résidence principale. Létablissement teneur de compte lui indique alors les pièces justificatives à fournir. Surprise : en octobre 2017, une fois les justificatifs fournis, cette épargnante se voit notifier un refus. Motif : lagrandissement est réalisé pour le compte dune SCI.
« Lépargnant nest propriétaire que de parts de SCI »
Malgré largument de la SCI familiale, constituée pour acquérir cette résidence principale, lépargnante nobtient pas gain de cause auprès du médiateur de lAMF. Marielle Cohen-Branche a en effet estimé ce refus « justifié » : « Même sil nen demeure pas moins quil sagit bien de sa résidence principale, lépargnant nest en réalité propriétaire que de parts de la SCI », explique-t-elle. « Si dans les faits, Mme J. souhaite financer les travaux dagrandissement grâce à son épargne personnelle, juridiquement lagrandissement bénéficie à une SCI dont elle nest que lune des associées. »
Marielle Cohen-Branche appelle toutefois les teneurs de compte à la pédagogie sur les conditions pour réaliser un déblocage anticipé, et demande à leurs téléconseillers de poser plus de questions sur les cas personnels lors de demandes de renseignement afin d'éviter toute « mauvaise surprise » pour les épargnants salariés.


















