Banque et Fintech
« Nous avons besoin de vous ». Invité dhonneur de lévénement Fintech Revolution en mai 2016, Emmanuel Macron, alors ministre de lEconomie, avait déclaré sa flamme à lécosystème des start-ups financières françaises, réunies pour loccasion. Un an plus tard, le nouveau chef de lEtat conserve-t-il le même état desprit ? On peut le supposer. Certes, le programme officiel de lex-candidat Macron ne compte aucune occurrence du mot « fintech » - et une seule du mot « banque », à propos des « banques de données ». Tout juste évoque-t-il la création dun « marché unique du numérique en Europe » et dun « fonds de capital-risque [qui] permettra de financer le développement des start-ups européennes ». Mais il est vrai que le sujet nest pas de ceux qui permettent de gagner massivement des électeurs.
Le secteur, toutefois, ne sy trompe pas : ancien banquier, ancien ministre de lEconomie, candidat au tropisme numérique affirmé, Emmanuel Macron et son profil pro business a tout pour plaire à la fintech française. Le nouveau président de la République fait dailleurs partie des trois candidats (avec Benoît Hamon et François Fillon) à avoir consulté les représentants de lécosystème en amont de lélection.
Au cours de ses deux années passées à Bercy, daoût 2014 à août 2016, Emmanuel Macron avait déjà affiché sa volonté de lever les freins au développement dune économie de linnovation dans le secteur financier : en desserrant le cadre réglementaire du crowdlending (création des minibons, relèvement des plafonds dinvestissement ) ; en facilitant le dialogue entre les autorités de régulation et les fintechs ; en contribuant aussi indirectement à promouvoir lémergence ou le développement de nouveaux acteurs de la banque de détail grâce à la mise en uvre dune procédure simplifiée de changement de banque.
Depuis lElysée, il devrait demander à son gouvernement de poursuivre leffort, avec un objectif : promouvoir des champions français de la Fintech. Deux échéances ly poussent : la transposition de la directive révisée sur les services de paiement (DSP2), lan prochain ; le Brexit, ensuite, qui risque de remettre en cause la domination de Londres sur le secteur financier européen. Au profit de Paris ? Oui, mais aussi potentiellement des concurrents Francfort, Dublin ou Luxembourg.
Epargne et placements financiers
Le volet patrimoine du programme est mieux connu. Dès février, Emmanuel Macron a annoncé vouloir créer un « prélèvement unique » sur les revenus du capital. Une proposition qui a suscité bien des débats dans le monde de la gestion patrimoniale, et qui a contraint léquipe dEn Marche mouvement désormais rebaptisé la République en Marche à apporter des précisions. Ce mouvement politique a confirmé une « référence » pour « la taxation de lépargne », à un taux de 30%, lequel inclut impôt sur le revenu et prélèvements sociaux. Cette « flat tax » resterait optionnelle : dans une réponse apportée à la Faider, l'équipe du nouveau président explique maintenir la possibilité dopter pour le barème classique de limpôt sur le revenu, option « en pratique favorable pour les épargnants non imposables ou très faiblement imposables ». Par ailleurs, cette flat tax ne modifierait en rien le cadre existant des Livret A, LEP, LDDS ou autre PEA.
Quid de lassurance-vie ? Dans cette même réponse envoyée à la Faider, en avril, le mouvement d'Emmanuel Macron a clarifié les contours de lexception assurance-vie : « Au delà dun montant dencours de 150.000 euros par personne, soit le même montant que le PEA, les nouveaux versements effectués après la mise en place de ce prélèvement de 30% y seront soumis. »
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Autrement dit, les revenus tirés des sommes présentes à ce jour sur un contrat et les contribuables possédant moins de 150.000 euros en assurance-vie continueront à profiter de la fiscalité actuelle.
Impôt sur le revenu, taxe d'habitation et ISF
Sur la fiscalité dans son ensemble, le nouveau chef de lEtat a esquissé de nombreuses pistes de réforme, qui doivent encore être précisées. Le cadre devrait toutefois rapidement être connu : « Nous mettrons fin à linstabilité fiscale », promet-il dans son programme. « Une loi dorientation votée en 2017 fixera pour 5 ans lévolution de la fiscalité sur le quinquennat. »
Première proposition : permettre aux couples qui le souhaitent de « faire le choix dune imposition individualisée », une option potentiellement intéressante lorsquun membre du couple dispose de revenus bien inférieurs à ceux de son conjoint ou de sa conjointe. Concernant limpôt sur le revenu, Emmanuel Macron laisse aussi planer un doute sur la mise en uvre du prélèvement à la source, prévue pour le 1er janvier 2018. Après avoir évoqué une expérimentation dun an, fin mars, Emmanuel Macron a confirmé lhypothèse dun report du prélèvement à la source à lapproche du second tour. A priori, il s'agit d'une adaptation du calendrier plus que d'une remise en cause de la réforme. Attention toutefois : le budget 2017 a intégré ce nouveau mode de perception de limpôt sur le revenu dans la loi. Un report devra donc passer par un vote du Parlement.
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Autre chantier annoncé par lancien ministre de lEconomie : transformer « lISF en ''impôt sur la fortune immobilière'' » (IFI), pour reprendre son programme. Cette réforme se traduirait par une sortie de « milliers de foyers » de lassujettissement à lISF, sans augmenter limpôt pesant sur les autres contribuables à en croire le programme détaillé par En Marche : « La réforme allègera en moyenne de moitié la charge fiscale des contribuables assujettis à lISF. Les 50% les moins fortunés ont un patrimoine qui nest constitué dimmobilier quà 55% environ. » Le programme de l'ancien ministre prévoit en outre une hausse de la CSG (contribution sociale généralisée) de 1,7 point, sauf pour les retraites modestes et les indemnités chômage.
Côté fiscalité, la mesure emblématique dEmmanuel Macron reste toutefois lexonération de la taxe dhabitation pour les classes moyennes et populaires : « Dès 2020, 4 Français sur 5 ne paieront plus la taxe dhabitation, et lEtat remboursera entièrement auprès des communes leur manque à gagner, à leuro près, en préservant leur autonomie fiscale », lit-on dans le programme du candidat élu. Plus concrètement, seront exonérés les ménages dont les revenus annuels ne dépassent pas 20.000 euros par part. En Marche affirme que cette mesure fiscale, mise en uvre progressivement de 2018 à 2020 et qui coûterait 10 milliards deuros à lEtat, a été intégrée au « cadrage budgétaire » du candidat, désormais élu président de la République.
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