Depuis lété 2014, la filière meuble réclame le déblocage exceptionnel du PEL pour financer lachat de meubles « afin de soutenir la consommation française dameublement et les emplois induits ». Après le refus par l'Assemblée nationale dun amendement au projet de loi pour la croissance, lactivité et légalité des chances économiques - dit loi Macron - allant dans ce sens en février dernier, un nouvel amendement déposé par des sénateurs UDI et UMP vient dêtre adopté par le Sénat, devenant ainsi larticle 34 bis du projet de loi.
Cet amendement prévoit que « les personnes physiques titulaires dun plan dépargne-logement [ ] peuvent, avant le 31 décembre 2017 et dans des conditions fixées par décret en Conseil dEtat, affecter une fraction de cette épargne exclusivement à lacquisition de meubles meublants à usage non professionnel. » Par ailleurs, il précise également que « ce retrait partiel nentraîne pas la résiliation du plan. Ce dernier est cependant réputé résilié pour la détermination du droit à versement de la prime dépargne logement ».
Des expériences passées « concluantes »
Le Sénat a adopté cet amendement estimant que cette mesure naura pas de conséquence pour le budget de lEtat, du fait de la non-consommation du PEL. Le sénateur Michel Raison (UMP) appuie : « les expériences passées ont été concluantes, en France comme en Italie [où une réduction dimpôt liée à lachat de meubles neufs a été mise en place, NDLR] et en Espagne. Il reste 200 milliards deuros de dépôt sur les PEL. Le meuble nen mobiliserait quun milliard environ. »
Mais des voix dissonantes se sont fait entendre. Comme celle dIsabelle Debré, sénatrice UMP, qui estime que le PEL nest pas le bon support pour relancer la filière de lameublement. Dailleurs, elle sinterroge : « Pourquoi le meuble, et pas lautomobile ? » De son côté Catherine Deroche, sénatrice UMP et co-rapporteure du texte au Sénat, estime quil y a « un risque de captation pour les grandes enseignes étrangères : les trois plus grandes représentent 40% du marché ».
Cet amendement ne fait donc pas lunanimité, et risque bien dêtre supprimé par lAssemblée nationale, qui avait dailleurs rejeté un amendement similaire en première lecture. Et la loi Macron étant étudiée en procédure accélérée - c'est-à-dire sans retour au Sénat - c'est lAssemblée nationale qui tranchera.














