Alors que le taux du Livret A va changer à partir du 1er août, une étude OpinionWay pour Caisse d'Epargne fait le point sur la connaissance des Français en matière d'épargne.

Un trio ultra-dominant

Premier enseignement de l'étude : la connaissance des placements est fortement concentrée. Les trois produits d'épargne les plus connus des Français sont clairement identifiés :

  • le Livret A, connu par 91% des Français ;
  • l'assurance vie, connue par 71% ;
  • le PEL (plan d'épargne logement), connu par 69%.

Le Livret A conserve donc une place à part dans l'imaginaire des épargnants. Parmi les Français connaissant le Livret A, 52% le considèrent avant tout comme un produit d'épargne de précaution, un « matelas de sécurité pour les urgences ». Une vision cohérente avec son usage classique : mettre de côté une réserve disponible. Mais l'étude montre aussi que le Livret A joue un rôle d'entrée dans l'épargne. Ainsi, 1 jeune de moins de 35 ans sur 4 qui connaît le Livret A y voit un moyen d'épargner « avant d'investir dans d'autres produits ou supports » : 26% des 18-35 ans, et même 34% chez les 18-24 ans, contre 17% en moyenne chez les Français connaissant le Livret A.

Derrière ce trio de tête constitué du Livret A, de l'assurance vie et du PEL, l'étude indique que le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le Plan d'épargne retraite (PER) sont identifiés par près de 6 Français sur 10. Autrement dit, un deuxième cercle de produits « relativement » connus existe, mais il reste loin derrière le trio vedette.

Cette concentration n'est pas anodine : elle influence concrètement les décisions. Quand on ne connaît que quelques placements, on a tendance à les privilégier par réflexe, même si l'objectif (financer un projet, préparer la retraite, faire fructifier un capital) pourrait peut-être nécessiter d'en choisir d'autres.

PEA, compte-titres, ETF... des placements encore trop méconnus

À l'inverse, les produits jugés plus techniques ne sont connus que par une minorité de Français. L'étude cite notamment :

  • le PEA (plan d'épargne en actions) : 45% déclarent le connaître ;
  • les cryptoactifs / cryptomonnaies : 34% ;
  • le compte-titres : 31% ;
  • le compte à terme : 26% ;
  • les FCP / SICAV : 26% ;
  • les ETF : 9%.

En clair, certains instruments d'investissement restent largement hors radar. C'est particulièrement net pour les ETF (fonds indiciels cotés), connus par moins d'un Français sur 10 selon l'étude.

Les jeunes pas si « crypto » ni « ETF » que l'on imagine

Autre résultat intéressant : la croyance selon laquelle les jeunes seraient naturellement plus à l'aise avec les produits récents ou de marché est à relativiser.

Concernant les cryptomonnaies, leur niveau de connaissance chez les moins de 35 ans atteint 35%, soit un niveau quasi identique à celui de l'ensemble de la population (34%). L'étude note toutefois des pics : 40% chez les 18-24 ans, et également 40% chez les 35-49 ans.

Côté ETF, la méconnaissance est encore plus nette : seuls 8% des 18-24 ans déclarent les connaître, contre 9% en moyenne. Le groupe des 25-34 ans se distingue un peu, avec 17% qui disent connaître les ETF, mais cela reste minoritaire.

(1) L'étude a été menée en ligne du 19 au 22 juin auprès d'un échantillon représentatif de 1 000 Français de 18 ans et plus (sondage OpinionWay pour Caisse d'Epargne).