9 décembre 2016 : le Livret de développement durable (LDD), ex Codevi, connaît une nouvelle étape de son histoire, débutée en 1983. Suite à la publication de la loi dite Sapin II (1), le produit dépargne réglementé gagne un S, comme solidaire, et devient donc le LDDS. Les épargnants, explique-t-on à lépoque, vont pouvoir affecter une partie de leurs intérêts au financement de léconomie sociale et solidaire (ESS). Ce don sera-t-il optionnel ou non ? Lépargnant pourra-t-il choisir la part quil souhaite affecter ? Et le bénéficiaire ? Les détails de la mise en uvre sont renvoyés à la publication dun décret dapplication.
Pour les partisans de lépargne solidaire, cest une victoire. De longue date, Finansol, lassociation qui labellise les produits solidaires, réclame un élargissement à lassurance-vie et à lépargne réglementée. Elle a fini par être entendue. Après avoir un temps envisagé de transformer le LDD en « livret dépargne industrie », lexécutif dirigé à lépoque par François Hollande a fait le choix du LDD solidaire.
Pas de décret dapplication
Las, plus de cinq trimestres se sont écoulés depuis la publication de la loi Sapin II, le LDDS a bien été rebaptisé dans les documents officiels et les brochures des banques. Mais dans les faits, le produit na toujours rien de solidaire. Le décret dapplication nécessaire à la mise en uvre de la réforme na en effet toujours pas paru.
Un état de fait quévidemment, Finansol regrette : « Pour le développement de la finance solidaire, la déclinaison solidaire des produits dépargne réglementés est un enjeu majeur », a récemment rappelé lassociation dans un communiqué. Elle comptait bien, en effet, sappuyer sur le LDDS, facile daccès puisque présent dans tous les réseaux bancaires, et aisément compréhensible, pour faire sortir lépargne solidaire de la niche dans laquelle elle reste confinée.
Un « Pacte ESS » en préparation
Tout dépendra désormais de la volonté du nouvel exécutif. Depuis la publication de la loi Sapin II, le pays a changé de président de la République, et de majorité parlementaire. Seront-ils sensibles aux arguments de Finansol ? Lassociation place en tout cas son espoir dans un futur « Pacte ESS », série de mesures législatives et fiscales en préparation sous légide du Haut-commissaire à lESS, Christophe Itier, nommé en septembre 2017 par Edouard Philippe, le chef du gouvernement, et son ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot.
(1) Loi du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique
















