Le plafond du livret A pourrait bien passer de 22 950 euros à 30 000 euros. C'est l'une des pistes évoquées ces dernières semaines pour accélérer la mise en uvre du Plan national d'adaptation au changement climatique, portée par la ministre de la Transition écologique Monique Barbut.
Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, l'amendement a été déposé par le député LFI Eric Coquerel et adopté par la Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire de l'Assemblée nationale ce vendredi 9 octobre. L'objectif de cette mesure ?
Dégager 5 milliards d'euros afin de financer des prêts pour rénover les logements sociaux. Le texte prévoit également d'augmenter la part centralisée à la Caisse des dépôts et consignations. « Les intérêts des sommes supérieures à 22 950 euros inscrites sur les Livrets A sont exonérés de prélèvements sociaux jusqu'au 31 décembre 2029 », précise l'amendement. L'exonération pérenne de prélèvements sociaux devra être votée dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale 2027.
Une mauvaise idée selon la FBF
La Fédération bancaire française (FBF), par la voie d'Olivier Gavalda, son président, avait déjà réagi aux propositions de Monique Barbut : « C'est une très mauvaise idée. D'abord, sur le plan des finances publiques, relever le plafond, par exemple à 30 000 euros, ferait instantanément grimper l'encours, ce qui représenterait des intérêts qui échapperaient à l'impôt. Ensuite, contrairement aux idées reçues, ce n'est pas de l'épargne populaire. Les clientèles aisées sont celles qui sont déjà au plafond ». Par ailleurs, cette mesure « immobiliserait davantage d'épargne dans des placements liquides et garantis plutôt que dans des placements de long terme dont les entreprises ont besoin ».
Attention toutefois, le texte a seulement été adopté en Commission des finances. Ce mardi, le projet de budget 2027 sera examiné en première lecture devant l'Assemblée nationale. La séance publique portera sur le texte présenté par le gouvernement, et non sur le texte adopté par la commission des finances, comme le prévoit l'article 42 de la Constitution. Les amendements adoptés jusqu'ici n'ont donc pas d'incidence immédiate mais ils donnent une indication des « tendances ». Et ils sont souvent redéposés ensuite par les députés en séance plénière pour être votés ou non.



















