Relever le plafond du Livret A de 22 950 euros à 30 000 euros. C'est l'une des pistes évoquées pour accélérer la mise en œuvre du Plan national d'adaptation au changement climatique par la ministre de la Transition écologique Monique Barbut.

« C'est une très mauvaise idée. D'abord, sur le plan des finances publiques, relever le plafond, par exemple à 30 000 euros, ferait instantanément grimper l'encours, ce qui représenterait des intérêts qui échapperaient à l'impôt. Ensuite, contrairement aux idées reçues, ce n'est pas de l'épargne populaire. Les clientèles aisées sont celles qui sont déjà au plafond », a indiqué Olivier Gavalda, le président de la Fédération bancaire française aux Echos.

« Relever le plafond du Livret A reviendrait à accroître une dépense publique au bénéfice des détenteurs de Livret A les plus aisés et au détriment de ceux qui investissent pour la transition », avait déjà souligné la FBF dans une déclaration transmise à l'AFP.

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Selon la FBF, cette mesure « immobiliserait davantage d'épargne dans des placements liquides et garantis plutôt que dans des placements de long terme dont les entreprises ont besoin ».

« L'enjeu est de créer les conditions économiques pour les entreprises, les ménages et les collectivités d'investir davantage dans la transition. Le relèvement du plafond du Livret A dégraderait ces conditions », déplore le lobby bancaire.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a chargé Monique Barbut de lui présenter des mesures pour « accélérer » la mise en œuvre du Plan national d'adaptation au changement climatique. La ministre a promis des conclusions d'ici fin septembre.

Relever le plafond du Livret A permettrait, selon la ministre, de dégager des marges de financement supplémentaires pour permettre à la Caisse des dépôts d'accorder des prêts de long terme destinés à financer l'adaptation au changement climatique.

Livret A : combien d'intérêts en plus avec un nouveau plafond relevé à 30 000 euros ?

Manque à gagner fiscal

Cette proposition « a été accueillie favorablement par la Caisse des Dépôts (...) mais n'a pas encore été arbitrée par Matignon ni approuvée par Bercy », précise le quotidien économique.

La Caisse des dépôts, également contactée par l'AFP, a simplement indiqué que l'emploi du fonds d'épargne, géré par la Caisse des dépôts, est du ressort du ministre, et précise être « déjà fortement mobilisée en faveur de la transformation écologique du pays ».

« Le relèvement (du plafond du Livret A) peut potentiellement générer 10 milliards d'euros d'encours supplémentaires », souligne dans une note Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne, centre de réflexion sur l'épargne, mais « le relèvement du plafond ne signifie pas automatiquement une hausse de l'investissement ». Il alerte également sur un « manque à gagner fiscal » et des « surcoûts » pour les banques.

Les vieux PEL, les Livrets A, LDDS, LEP ou encore livrets jeunes sont exonérés d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales. Le manque à gagner pour les caisses de l'État a frisé les 5 milliards d'euros en 2025.