1. Comment est révisé le taux du Livret A ?
Le taux du Livret A (et par extension du LDDS, du LEP et du CEL) est révisé au moins deux fois par an, le 1er février et le 1er août. En amont de cette révision, le processus est le suivant :
- la Banque de France applique la formule de calcul inscrite dans la réglementation, puis son gouverneur adresse une recommandation de taux au ministre de l'Economie : appliquer le taux légal issu de la formule ou ne pas l'appliquer en raison de « circonstances exceptionnelles » ;
- le ministre tranche et officialise les nouveaux taux, 15 jours avant la révision effective.
Voici la formule appliquée par la Banque de France. Le taux du Livret A est la moyenne arithmétique entre :
- la moyenne semestrielle de l'STR ;
- la moyenne semestrielle de l'inflation hors tabac en glissement annuel.
Le résultat de ce calcul est ensuite arrondi au dixième le plus proche pour donner le taux du Livret A, qui ne peut pas être inférieur à 0,50%.
En clair, pour anticiper le futur taux du Livret A au 1er février 2027, il vous faut estimer l'inflation moyenne (hors tabac) de juillet à décembre 2026 et l'évolution de l'STR, taux interbancaire à court terme, sur la même période.
2. Une inflation plus forte que prévu
Commençons par l'inflation. Comme il le fait chaque mois, l'Institut national de la Statistique et des Etudes économiques (INSEE) a dévoilé ce jeudi 15 octobre l'inflation définitive pour le mois de septembre. Fait rare, ce chiffre a été révisé à la hausse par rapport à l'estimation publiée il y a 15 jours, signe que la hausse des prix, notamment de l'énergie (+21,3% sur un an en septembre 2026, après +16,7% en août et +12,6% en juillet) est encore plus forte qu'attendu.
Dans sa dernière note de conjoncture, datée du 10 septembre dernier, l'INSEE envisageait une moyenne semestrielle d'inflation de 2,55%. La précédente, en juin, tablait sur 2,40%. Finalement, elle devrait se rapprocher des 2,70%.
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3. Bientôt une troisième hausse consécutive des taux directeurs de la BCE ?
Ce retour d'une forte inflation, qui concerne toute la zone euro, a poussé la Banque centrale européenne (BCE), dont le premier rôle est d'assurer la stabilité monétaire, à relever ses taux directeurs. Le principal d'entre eux, le taux de la facilité de dépôt, est passé de 2% à 2,25% en juin, puis à 2,50% en septembre. Une troisième hausse pourrait intervenir, sans doute à la mi-décembre.
Or l'STR réplique fidèlement cette évolution. La décision de la BCE va donc avoir pour conséquence d'accélérer la hausse de la moyenne semestrielle de ce taux interbancaire. De 2,06% ce 10 septembre, il devrait s'approcher des 2,40% en fin d'année.
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4. Que donne le résultat (provisoire) de la formule ?
Autour de 2,70% pour l'inflation, de 2,40% pour l'STR... Le résultat du calcul est assez simple : le futur taux légal du Livret A devrait se situer entre 2,50% et 2,60%, avec une balance qui pencherait actuellement plutôt du côté des 2,50%. Pour mémoire, il est actuellement de 1,70%.
Si tel était le cas, le taux du Livret d'épargne populaire (LEP) remonterait, lui, de 2,50% actuellement à 3% puisque l'écart minimum entre les deux produits est de 0,5 point.
5. Des circonstances exceptionnelles pourraient-elles justifier une dérogation ?
Ce calcul, évidemment, est à prendre avec les précautions d'usage. Il repose sur des projections d'inflation, par définition provisoires, même si elles se font de plus en plus précises avec le temps. Il s'appuie également sur une trajectoire de l'STR qui reste à ce stade hypothétique.
Un autre élément peut également apporter de l'incertitude : les choix politiques. Comme nous l'avons vu, le gouverneur de la Banque de France peut argumenter sur des « circonstances exceptionnelles » pour recommander au gouvernement de ne pas appliquer strictement la formule. La conjoncture économique le justifiera-t-elle début 2027, au moment de trancher ? Cela a souvent été le cas par le passé, y compris en des temps bien moins incertains qu'aujourd'hui.
* Source : Banque de France
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